« Ce jour-là, j’ai compris pourquoi Mansour s’intéressait à la littérature des années cinquante et soixante. Celle qui parle de la jeunesse de son père, de la sienne aussi ; on revient toujours explorer les forêts noires de son enfance, y retrouver le petit garçon resté là, oublié sur le chemin qui mène à l’âge d’homme. Mansour et moi avons cela en commun, ce désir de comprendre ce qui nous a construits. »
Jean-Claude Lalumière in L’invention de l’histoire, Éditions du Rocher, 2023.
Thomas est un homme qui doute de nature. Aujourd’hui père de famille séparé de sa conjointe et au chômage après avoir travaillé deux décennies dans la pub, il s’interroge sérieusement et tente, bon gré mal gré, de trouver des réponses. Surtout le jour où son fils lui demande en guise de devoir pour l’école de retracer son arbre généalogique. Cet évènement le ramène à sa propre expérience enfant, trente ans plus tôt, où il apprit que son arrière-grand-père, dans les années vingt, a fait l’acquisition de la Tour Eiffel. Histoire vraie ? Thomas se dit que le moment est venu d’en avoir le cœur net.
Bien que le narrateur nous emmène avec lui parcourir à pied, en train ou en voiturette tous les chemins de Marennes et de Paris, L’invention de l’histoire est une quête avant tout introspective. L’heure est venue pour lui de remettre en question sa croyance depuis toujours : sa famille a-t-elle vraiment acheté la Tour Eiffel à ce Victor Lustig, mondialement connu comme « l’homme qui vendit la Tour Eiffel » et le plus grand arnaqueur de son siècle? À ce sujet, vaste est le questionnement de l’homme qui doute…
Ma note : 4 sur 5
À travers les joies, les peines et les autodérisions de Thomas et animé par la franche camaraderie de sa médiathèque, quartier général et haut-lieu de ses investigations, ce livre est tout simplement drôle. Et l’on comprend à la fin le pourquoi du comment vendre et acheter la Dame de Fer de Paris.
Pour ma part, j’ai beaucoup ri. Je recommande.

Depuis l’enfance, un mystère intrigue Thomas Poisson : la vente, dans les années vingt, de la tour Eiffel à son arrière-grand-père, ferrailleur de son état, par un certain Victor Lustig. Une arnaque mythique dont a été victime son aïeul, un déshonneur transmis de père en fils.
Sa recherche le conduit auprès de son père – un homme taiseux qui s’est réfugié dans un Ehpad à la mort de sa femme – et à la médiathèque de sa ville, où il rencontre une singulière petite bande : Lina, Mansour, Francky et Françoise. Autant de femmes et d’hommes dont les fragilités et les solitudes imposées par la précarité contemporaine vont se répondre.
Une quête de sens, un récit de filiation et d’amitié d’une grande délicatesse, à la fois décalé et poétique.
Jean-Claude Lalumière a publié au Dilettante Le Front russe (prix Jeune mousquetaire du premier roman) et La Campagne de France. Aux éditions Arthaud, Ce Mexicain qui venait du Japon et me parlait de l’Auvergne et aux éditions du Rocher Reprise des activités de plein air.
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