À la poursuite des aurores boréales

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Ami·e·s De Lire bonjour et bienvenue dans cette chronique ! Au sommaire :

  1. Synopsis
  2. À la poursuite des aurores boréales et du soleil de minuit
  3. La note De Lire Délire

Aujourd’hui nous allons parler du roman de Virginie Grimaldi intitulé Il est grand temps de rallumer les étoiles paru en 2018 chez Fayard, 386 pages. Ce roman a été élu Livre favori des Français en 2022.

Synopsis

ÉLU LIVRE FAVORI DES FRANÇAIS
Anna, 37 ans, croule sous le travail et les relances des huissiers.
Ses filles, elle ne fait que les croiser au petit déjeuner. Sa vie défile, et elle l’observe depuis la bulle dans laquelle elle s’est enfermée.
À 17 ans, Chloé a des rêves plein la tête mais a choisi d’y renoncer pour aider sa mère. Elle cherche de l’affection auprès des garçons, mais cela ne dure jamais. Comme le carrosse de Cendrillon, ils se transforment après l’amour.
Lily, du haut de ses 12 ans, n’aime pas trop les gens. Elle préfère son rat, à qui elle a donné le nom de son père, parce qu’il a quitté le navire.
Le jour où elle apprend que ses filles vont mal, Anna prend une décision folle : elle les embarque pour un périple en camping-car, direction la Scandinavie. Si on ne peut revenir en arrière, on peut choisir un autre chemin.

Anna, Chloé, Lily. Trois femmes, trois générations, trois voix qui se répondent. Une merveille d’humour, d’amour et d’humanité.

Romancière à succès, Virginie Grimaldi est l’auteure de trois best-sellers, Le Premier Jour du reste de ma vie, Tu comprendras quand tu seras plus grande et Le Parfum du bonheur est plus fort sous la pluie.

À la poursuite des aurores boréales et du soleil de minuit

Quelque part à Toulouse, Anna, trente-sept ans; élève seule ses deux filles dans un HLM, séparée du père de ces dernières depuis longtemps.

Anna est sur tous les fronts: elle vient de se faire licencier de son travail de serveuse après une décennie de bons et loyaux services et se retrouve criblée de dettes et de factures impayées.

Elle doit également recadrer Chloé, bientôt majeure qui va passer son bac, qui rêve du grand amour mais dont la naïveté la pousse à la merci des profiteurs tous azimuts.

Enfin, elle doit gérer la scolarité de Lily, originale et intelligente, mais qui se fait harceler par ses camarades au collège.

Alors que rien ne va plus dans cette famille, c’est le coup de théâtre : son ex-patron lui accorde une prime de rupture conventionnelle. Avec ce pécule inespéré, cette fenêtre sur un nouveau départ et des jours meilleurs pour son foyer, Anna pourrait enfin se débarrasser de ses dettes, assainir ses finances, apurer ses comptes.

Mais face au chaos familial et au risque de décevoir une fois de plus son conseiller en surendettement, Anna prend une décision pour le moins inattendue.

Sur le conseil (ou l’influence) de Mémé, sa grand-mère maternelle, Anna plaque tout et s’en va cap vers le Grand Nord, à la poursuite des aurores boréales et du soleil de minuit. Emmenant avec elle ses deux filles.

Le roman s’articule autour de trois voix: celle d’Anna à travers ses angoisses et ses confidences, celle de Lily dans son journal intime appelé Marcel et celle de Chloé dans son blog intitulé Les Chroniques de Chloé.

Pour ma part,

À travers une écriture au plus près de la réalité telle que nous la ressentons, quelques brins de romantisme et une joyeuse touche d’humour, le roman aborde une pléthore de sujets essentiels : la famille, les liens intergénérationnels, le voyage et les nouvelles rencontres chemin faisant. De nombreuses leçons de vie sont donc à glaner çà et là. La précarité financière des familles monoparentales y est également évoqué ; sans compter les raisons fondamentales de la séparation des couples parentaux que je vous laisse découvrir en lisant le roman…

Bien que l’histoire soit une pure fiction, il est vrai que la lecture de ce roman apporte de la joie. Surtout pour les amateurs d’aurores boréales et de paysages du Grand Nord.

Le roman est sorti en 2018 et a reçu en 2022 la fabuleuse distinction du Prix du livre favori des Français. À mon humble avis, il pourrait être à l’origine de la mode des romans trip-road dont la popularité n’est plus à démontrer. Car depuis le déconfinement, le fantasme de tout plaquer pour l’évasion est le thème n°1 plébiscité en littérature contemporaine.

Pour ainsi dire, c’est avec beaucoup d’attentes que j’ai lu ce roman.

À ce jour, je peux dire que je suis contente. Sans enthousiasme débordant mais contente du récit et de son heureux dénouement : l’intrigue est prévisible et les personnages sont attachants. J’ai pris du plaisir à découvrir une famille au bord de l’implosion qui a réussi à se reconstruire sur la route du Grand Nord et à apprendre quelques mots en Norvégien.

Bref, pour une fois, j’ai passé un moment de lecture aisé et détendu. D’ailleurs, parait-il que c’est le propre de la littérature dite feel-good : ces livres « qui font du bien ».

Quelques citations 🤫

« Ce voyage n’a rien changé. À notre retour, les factures étaient toujours là, les ennuis aussi, je n’avais pas de travail, Lily avait des ennemis, Chloé des démons. Les choses n’ont pas changé. Nous, oui.
Même à 17 000 kilomètres, nous serons ensemble.
Même quand elles auront cinquante ans, nous serons ensemble.
Nous possédons quelque chose qui ne disparaîtra jamais.
Nous sommes une famille. »

« Je crois que c’est aussi pour ça que j’ai ouvert ce blog. J’aurais pu consigner mes pensées dans un cahier, mais les partager avec vous, savoir qu’elles vous font rire, qu’elles vous émeuvent, qu’elles vous font réfléchir, savoir que je ne suis pas la seule à ressentir ce que je ressens, à penser comme je pense, est précieux. Même si ça reste virtuel, je me sens moins seule. »

« À 23 h 55, les dizaines de personnes présentes se taisent.
À minuit, face au soleil qui se reflète dans la mer au lieu de disparaître sous l’horizon, tout le monde applaudit et des bouchons de champagne sautent. Les émotions fortes ont ce pouvoir d’unir ceux qui les partagent. Je me sens proche de ceux qui m’entourent, ce soir, nous nous ressemblons tous un peu. Je lance un coup d’œil à mes filles, sourires béats, yeux étincelants, elles ont de nouveau trois ans. »

« Il faut être attentif, mais ne pas laisser croire à notre enfant qu’il est le centre du monde; il faut lui faire plaisir sans qu’il devienne blasé; il faut équilibrer son alimentation sans le priver; il faut lui donner confiance, mais qu’il reste humble; il faut lui apprendre à être gentil, mais à ne pas se laisser faire ; il faut lui expliquer les choses, mais pas se justifier; il faut qu’il se dépense et qu’il se repose; il faut qu’il apprenne à aimer les animaux, mais à s’en méfier; il faut jouer avec lui et le laisser s’ennuyer; il faut lui apprendre l’autonomie tout en étant présent; il faut être tolérant mais pas laxiste; il faut être ferme mais pas rude; il faut lui demander son avis, mais pas le lais- ser décider de tout; il faut lui dire la vérité sans atteindre son innocence; il faut l’aimer sans l’étouffer; il faut le protéger, mais pas l’enfermer; il faut lui tenir la main tout en le laissant s’éloigner. « 

« – Maman, tu connais Apollinaire ? (…)

-Je connais un peu, je l’ai étudié à l’école, réponds-je en m’asseyant à ses côtés.

-Il était aveugle, non ?

-Pourquoi ? Elle glisse son livre sous mes yeux et désigne une ligne :

-Il dit : « Il est grand temps de rallumer les étoiles », mais elles sont déjà allumées. Faut qu’il change d’ophtalmo! »

« Si j’avais réfléchi, j’aurais changé d’avis. Je ne suis pas une aventurière. Je n’aime pas les surprises, j’ai besoin de tout anticiper, de tout organiser. L’inconnu m’angoisse, le manque de contrôle me tétanise. Je me suis enfermée dans une bulle rassurante, les mêmes lieux, les mêmes personnes, les mêmes trajets. Je refuse systématiquement tout ce qui se trouve à l’extérieur de ce périmètre. Le mariage d’un cousin à l’autre bout de la France, une soirée dans un restaurant que je ne connais pas, un rendez-vous de l’autre côté de Toulouse, un voyage à l’étranger, n’en parlons pas. »

« J’ai insisté pour savoir où on allait (je veux bien être gentille, mais je ne veux pas être la risée de la farce), elle a annoncé qu’on allait voir les aurores boréales en Scandinavie. Elle est devenue dingue, je te dis. Je suis sûre que c’est à cause de mon exposé. Heureusement qu’il n’était pas sur les trous noirs. »

La note De Lire Délire

+ À lire lorsqu’on se sent déprimé… détendez vous et embarquez dans une caravane à la poursuite des aurores boréales et vous vous sentirez mieux 🙂

– À éviter si vous préférez en revanche la littérature stricte et complexe.

Note : 4 sur 5.

One response to “À la poursuite des aurores boréales”

  1. Avatar de Light And Smell

    J’adorerais voir des des aurores boréales en vrai mais en attendant, cette lecture feel good a l’air sympathique 🙂

    Aimé par 1 personne

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