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#GareSaintLazare #NetGalleyFrance
Avant de commencer, je tiens à remercier NetGalley et les éditions Fayard pour cette découverte éditoriale mémorable.
Aujourd’hui nous allons parler du roman intitulé Gare Saint-Lazare de Dominique Fabre, paru en août 2023 aux éditions Fayard, 144 pages.
Présentation de la maison d’édition
« J’avais une tâche pour la vie, qui en un sens résumait toutes les autres, me faire aimer de toi. »
Derrière cette phrase qui pourrait passer pour romantique se cache en réalité le drame de toute une vie, car cette phrase, c’est celle d’un fils qui s’adresse à sa mère.
Avec des décennies de recul, un homme revient sur les traces de son enfance et de son adolescence, dans la salle des pas perdus de la gare Saint-Lazare, les rues populeuses alentour, les cafés où les banlieusards boivent debout au comptoir avant d’attraper leur train. Habitant de la première couronne, c’était sa porte d’entrée dans Paris. A moins que la gare n’ait en somme représenté à ses yeux la ville tout entière? C’est de là qu’il partait pour l’internat. Ou vers des familles d’accueil. Là qu’il errait avec un ami pour éviter de rentrer chez cette mère qui n’était pas toujours contente de le voir. Là qu’il est tombé amoureux d’une vendeuse à la sauvette qui aimait se moquer gentiment de lui.
Autour de lui, mille vies que son regard d’enfant meurtri lui fait voir avec une acuité particulière. Comme si la contemplation du monde en condensé que sont toutes les gares lui avait toujours tenu lieu de refuge, et offert l’espoir d’une réconciliation.
Dominique Fabre est l’auteur de nombreux romans d’où la gare Saint-Lazare n’est jamais totalement absente. Sous sa plume, on comprend que « ceux qui ne sont rien » sont au contraire la chair de l’humanité.
La salle des pas perdus de la gare Saint Lazare, 1958
Source : openarchives.sncf.com
LE SAVIEZ VOUS ? Le plafond de verre est une expression qui désigne le fait que, dans une structure hiérarchique, les niveaux supérieurs ne sont pas accessibles à certaines catégories de personnes, essentiellement en raison de mépris de classe, de discrimination raciale ou de sexisme.
Là où tout a commencé et où tout finira.
Gare Saint-Lazare est un roman autobiographique, qui raconte les souvenirs du narrateur liés à la gare Saint-Lazare de Paris, où il a vécu des moments marquants de sa jeunesse.
Roman court, se lisant facilement, avec un style simple et direct, inspiré de l’oralité; Gare Saint-Lazare est un livre intimiste et mélancolique, qui rend hommage à la mémoire et à la vie, en montrant que “ceux qui ne sont rien” sont au contraire la chair de l’humanité.
Pour ma part,
Ici, chaque chapitre commence par « Je n’irai plus jamais » ou « Je ne reverrai plus jamais ».
L’utilisation de l’anaphore crée le rythme et la musicalité de ce récit. En effet, on lit Gare Saint-Lazare comme on écoute une chanson mélancolique des années 80.
Car oui, ici, on revient quatre décennies en arrière, du temps des cabines téléphoniques, des consignes à la gare, des disquaires, des walkmans ; et le narrateur, que l’on devine aujourd’hui d’un certain âge, quelque part entre deux mondes, regarde le chemin parcouru et raconte la mémoire de ce lieu terrestre à travers ses propres souvenirs à la gare Saint Lazare.
La gare Saint-Lazare, lieu de transit, de passage par définition, est la porte d’entrée de Paris depuis la banlieue. Ce lieu public à priori sans âme, est le berceau de la mémoire du narrateur, où il y a vécu de nombreux souvenirs : ses embarras d’enfance confronté à sa mère, ses premiers émois de jeunesse: son amitié avec Le Crobard et son coup de foudre pour la Gitane etc.
Pour ainsi dire, il raconte ici surtout le souvenir de sa mère à l’époque, qui somme tout faite, n’avait qu’une seule ambition : celle de sortir de sa condition sociale, c’est-à-dire 22ans, divorcée, deux enfants bref s’élever et briser le plafond de verre. Vous découvrirez les déboires de cet acharnement en lisant le livre.
Les souvenirs d’une mère liés à cette gare … Cette gare liée au souvenir d’une mère.
Mais avant tout, c’est le roman d’une gare en perpétuelle métamorphose, qui n’est plus ce qu’elle fut mais dont l’âme demeure le témoignage du temps qui passe dans la salle des pas perdus.
C’était beau, j’ai apprécié ma lecture mais sans plus. J’ai trouvé le récit trop intimiste, trop personnel. Dans la mesure où je vois la gare Saint-Lazare comme un véritable tiers-lieu fédérateur, quelque soit notre humble condition, je m’attendais peut-être à une histoire plus universelle, plus engagée malgré une écriture sublime et une sensibilité omniprésente. Une œuvre d’art littéraire !
Mention spéciale tout de même pour la cartographie super sympa à la fin du livre.
Quelques citations :
La note De Lire Délire
+ À lire pour découvrir les milles visages de la gare Saint Lazare, des années 80 à nos jours, à travers des anecdotes et des souvenirs particuliers.
– S’abstenir si et seulement si vous n’avez aucun intérêt pour ce tiers-lieu appelé Gare Saint-Lazare.


Et vous, qu’en pensez-vous ? Dites moi tout en commentaires !