#Insula #NetGalleyFrance
Avant de toute chose, je tiens à remercier chaleureusement NetGalley et les éditions Seuil Cadre rouge pour cette découverte éditoriale remarquable.
Aujourd’hui nous allons parler du roman intitulé Insula de Caroline Caugant, à paraître en janvier 2024 aux éditions Seuil, collection Roman Cadre rouge, 288 pages.
Synopsis
Printemps 2024. Line, hôtesse de l’air, se trouve à Tokyo au moment où le Japon célèbre les cerisiers en fleurs. Cette nuit-là survient le Big One, séisme majeur que tous redoutaient. La terre avale la jeune femme. Puis la recrache des jours plus tard.
Miraculée, elle rentre à Paris, vacillante. De ce qu’elle a vécu, elle ne garde aucun souvenir. Commence alors le délicat travail de la reconstruction et de la mémoire. Comment revenir d’un tel voyage ?
Flashs et réminiscences la mèneront vers une île de l’Atlantique, soumise aux assauts du vent et de l’océan, à la recherche de ce qui la hante.
Récit du séisme et de ses ondes de choc, Insula révèle les failles des êtres et leur dualité, tout en dépeignant une existence animée par le désir violent de renaître.
Caroline Caugant est née à Paris en 1975. Après des études de littérature à la Sorbonne, elle travaille comme graphiste et se consacre en parallèle à l’écriture. Insula est son deuxième roman, après Les Heures solaires (Stock).
Le syndrome de Lazare ou la renaissance d’une fille de l’air
À travers le récit de Line, hôtesse de l’air et survivante après huit jours et huit nuits sous les décombres d’un séisme lors d’une escale à Tokyo, Insula raconte la manifestation véridique d’un syndrome de Lazare.
D’après les récits bibliques, Lazare de Béthanie, mort depuis quatre jours et enseveli dans un sépulcre, est sorti vivant de la tombe sur ordre de Jésus Christ.
En effet, il y a lieu de s’interroger sur la vie des miraculés après une telle résurrection :
« Comme Lazare, l’homme d’avant le miracle s’effaçait. Celui qui revenait était un autre. Et elle ? Qui était celle que l’on avait déterrée et ramenée vers la vie huit jours après le séisme de l’hanami ? »
Chapitres
Première partie : La Miraculée
Deuxième partie : L’île de Saki
Troisième partie : Revenir
Pour ma part,
Non sans rapport avec l’actualité au Japon en ce triste début d’année, c’est avec un vif intérêt que je me suis plongée dans ce récit qui explore les conséquences psychologiques d’un stress post-traumatique, appelé syndrome de Lazare, vécu par une hôtesse de l’air, Line, lors d’un très grave séisme à Tokyo.
« À son retour de Tokyo, la Compagnie l’avait déclarée inapte et l’avait suspendue des plannings de vol. Elle était en arrêt maladie pour le moment. Ensuite, pour une période non déterminée, elle travaillerait au sol. Avant de reprendre les vols, elle serait examinée par le médecin du travail. »
Rescapée des entrailles de la terre, du chaos et de la mort, Line doit affronter ses démons et accepter son destin pour réapprendre à vivre.
« Je n’ai pas compris tout de suite l’impact que cet événement aurait sur ma vie. C’était un miracle, c’est ce que tout le monde répétait, alors j’ai fini par y croire. Le reste est venu plus tard. Être une survivante se paye. D’une manière ou d’une autre, on le paye. «
La narration à la troisième personne oscille entre le passé, le présent et le point de vue des personnages clés : Line, Thomas et Saki.
Ce procédé est un style littéraire pour marquer la dichotomie entre la douleur et l’instinct de survie, le chaos d’une existence dépourvue de sens et l’espoir… Là dessus je ne vous en dis pas plus vous le découvrirez en lisant le roman.
À mon sens, en dépassant le récit d’aventure initiatique à proprement parler, Insula est un exutoire, c’est-à-dire un recueil de souvenirs et de sensations, de celles qui furent gravées dans la chair, l’âme et les sens enfin portés par écrit, comme une délivrance, un accomplissement. Dans le but de les surmonter, de les exorciser et enfin renaitre.
Le chemin vers la paix intérieure est ardu et les images du récit sont tantôt oppressantes, tantôt oniriques avec quelques éclaircies versifiées pour enfin revenir au présent et à la réalité :
« Noir total
Absolu
Comme le blanc le plus pur
Nuit infinie Nul écho
Nulle trace
Noir vorace
Comme les gouffres
Où meurent les étoiles »
J’aime les récits psychologiques en général et j’ai adoré celui-ci en particulier car, connaissant plus ou moins le milieu des PNC, j’ai eu beaucoup d’empathie pour le personnage de Line.
Je recommande chaleureusement.
La note De Lire Délire
+ Le bon point : L’histoire hors du commun d’une hôtesse de l’air rescapée d’un séisme à Tokyo qui se retrouve face à ses démons et à son destin. En dépassant le récit d’aventure initiatique, Insula est un exutoire où les souvenirs et les sensations sont exorcisés et portés par écrit, comme une délivrance.


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