#TuPensesQuoiDeLaVieMamie#NetGalleyFrance
Avant toute chose, je tiens à remercier chaleureusement NetGalley France et les éditions Stock pour cette découvert éditoriale remarquable.
Aujourd’hui, je vous propose de parler du roman Victoria Guillomon intitulé Tu penses quoi de la vie, mamie ? paru en avril 2024 aux éditions Fayard, 270 pages.
Synopsis
« Nos vies s’écrivent toujours dans le désordre, et on y fait beaucoup de détours. Ce qui n’empêche pas d’avancer vers ce qui compte pour nous. Ce livre joyeux et sincère raconte un chemin de vie, fait de valises, de rencontres et de méditations. Il ne veut donner aucune leçon, juste raconter une histoire. Mais on en sort nourris et ravis. » Christophe André
Ce livre ne parle pas d’écologie. Il ne parle pas de développement personnel. Ni d’hypersensibilité. Ni d’amour. Ni de séparation. Ni de l’odeur des lessives. Ni de course à pied. Ni de destin. Ni de l’âge adulte. Ce livre est un peu de tout ça. Un mélange de ces choses qui composent nos existences, une ode à la vie qui parle à toutes les générations.
À vingt-cinq ans, Victoria s’interroge : Comment apprendre à être soi ? Ça veut dire quoi, être à sa place ? Qu’est-ce qui nous a menés à oublier l’équilibre fragile de notre vie sur terre ?
Dans un monde qui bouscule, émerveille, change et se craquelle, Victoria écrit ses questionnements à sa grand-mère. Elle lui confie aussi ce que les nombreuses personnalités inspirantes interviewées pour son podcast Nouvel Œil lui ont appris. Autant d’échanges qui l’ont aidée à devenir une jeune femme résolument optimiste. Quand l’écart générationnel se creuse, Victoria rassemble dans ce livre ce qui nous lie.
Victoria Guillomon s’engage pour prôner l’écologie intérieure. Elle anime chaque semaine Nouvel Œil, un podcast aux milliers d’écoutes mensuelles et porte sa voix partout en France en conférences. Aventurière dans l’âme, elle réalise en 2024 son premier documentaire Shimla : de la France à l’Inde, sans avion. Tu penses quoi de la vie, mamie ? est son deuxième livre.
Tu penses quoi de la vie, mamie ? (Grand format – Broché 2024), de Victoria Guillomon | Éditions Fayard
Écho d’une génération écolo
En me plongeant dans le livre Tu penses quoi de la vie, mamie ? de Victoria Guillomon, j’ai été attirée par la promesse de la quatrième de couverture : « Un mélange de ces choses qui composent nos existences, une ode à la vie qui parle à toutes les générations. »
Le fait que l’auteure soit une représentante de la « gen Z » ( génération z succédant aux millénials ) et la créatrice du podcast Nouvel Oeil a également piqué ma curiosité car ce podcast aborde des enjeux contemporains tels que l’écologie, le développement personnel et la décroissance.
Le livre est présenté comme un essai autobiographique sous forme d’une longue lettre adressée à Mamie, la grand-mère de l’auteure où celle-ci fait part belle de ses ressentis face à nos modes de vie insouciants des conséquences écologiques et environnementales, tout en abordant des sujets plus personnels tels que les relations familiales, l’écriture et le sport, avec une mention particulière pour son expérience de marathonienne et de surfeuse.
Les réflexions de l’auteure sont souvent éclairées par les nombreuses citations d’expert·e·s psychologues, militant·e·s et autres activistes, renforçant ainsi la profondeur et la diversité des points de vue présentés.
Pour ma part : idéaliste, audacieux et rafraîchissant MAIS
Tu penses quoi de la vie, mamie ? de Victoria Guillomon est un récit qui ne laisse pas indifférent : en fin de lecture, on se retrouve quelque part entre hésitation et attendrissement.
Primo, la verve spontanée et résolument décontractée peut en déconcerter plus d’un·e : par exemple, personnellement, j’ai trouvé que la répétition des mots « mamie » et « ça » dans son récit devenait assommante.
Secundo, un récit à la croisée des genres qui, pour le coup, se prête difficilement au genre essai : soit un cocktail de manifeste, de journal intime, de correspondance adressées à sa grand-mère et d’anthologie de citations d’auteur·e·s.
Il est donc difficile de catégoriser ce récit, qui semble se chercher entre différents genres littéraires sans vraiment s’ancrer dans un seul.
De deux choses, l’une : soit cette pluralité peut parfois donner une impression de dispersion, voire de manque de cohérence narrative, soit il s’agit d’une preuve d’originalité et d’un joyeux éclectisme.
Toutefois, l’initiative de Victoria Guillomon ne manque pas de courage ni de pertinence car les sujets qu’elle aborde sont d’une importance capitale.
L’urgence climatique, la nécessité de repenser nos modes de vie vers une décroissance durable et le bien-être individuel sont des thématiques qui résonnent profondément avec nos préoccupations contemporaines.
Et le moins que je puisse dire à l’issue de ma lecture est que la sincérité et l’authenticité de l’auteure transparaissent à travers ses récits, ce qui rend la lecture touchante et rafraichissante.
Il est difficile de donner une note finale à une telle lecture, car à mon humble sens, elle dépend largement de la sensibilité personnelle du lecteur·rice face aux enjeux écologiques et au développement personnel.
En ce qui me concerne, je retiens surtout l’idéalisme, l’engagement et la spontanéité véhiculés par ce livre, qui en font un récit de vie précieux en dépit des imperfections stylistiques.
Psst 🤫Citations de Victoria Guillomon in Tu penses quoi de la vie, mamie ?, Fayard, 2024
« J’ai toujours cet immense syndrome de l’imposteur et, avec lui, j’ai questionné la nécessité de partager des mots aussi personnels dans ce livre. Avant de comprendre que la transmission suffisait à changer des vies. »
« Je crois que le destin m’a propulsée malgré moi sur un chemin qui m’échappe . Et j’ai trop pris goût à cette vie pour troquer mon destin contre des injonctions. C’est trop tard pour la normalité, maintenant. C’est fichu, mamie, je n’aurai pas une vie « normale ». Et puis c’est quoi, une vie normale ? Et toi, tu penses quoi de la vie, mamie ? »
« Je voulais éviter cela : cantonner ma vie à un bureau, à un emploi du temps prédéfini par d’autres, des horaires carrés délimités par des cafés, des vacances planifiées des mois à l’avance pour souffler d’un quotidien stressant. Rentrer dans un moule, devenir comme un pion, une marionnette que la société façonnerait, m’endormir dans le conformisme, m’élancer dans cette course après le temps, vite, le CDI, les contrats, les crédits. On se tartine de contrats, contrats allant avec contraintes, contraintes allant avec perte de liberté. J’avais le sentiment que devenir une adulte serait cela : perdre ma liberté. »
« Il faut se faire une trousse à outils dans la vie, qui se compose d’une multitude de rencontres, de lectures, de découvertes. »
« Tu sais, être publiée chez Fayard, c’est un peu le rêve de gosse que tu écris au crayon à papier parce que tu n’oses pas vraiment y croire. Tu te dis qu’« un jour peut-être »… et puis tu laisses les jours enterrer les « peut-être ». »
« La solitude est primordiale dans le cheminement d’un humain. On a tendance, parmi les modes d’éducation, à vouloir s’identifier, à vouloir construire une identité, professionnelle, sociale, familiale. Toutes ces formes d’identités limitent l’être humain. »
« J’ai peur de prendre la place de personnes qui seraient plus légitimes que moi pour goûter cette chance d’être publiées, lues et entendues . Il y a ces personnes pour qui la littérature est inscrite dans leur chair, tatouée, vitale. Il y a ces personnes qui ont de brillantes choses à dire, mais qui n’ont pas les likes pour les faire entendre. Tant de mots et de pensées se perdent ainsi, par l’invisibilisation de ceux qui choisissent la profondeur plutôt que les vitrines. »
« Dans ce monde, il y a des supermarchés trop grands, on s’entasse dans des wagons de métro, on perd nos heures sur Insta, on se montre à moitié nu sur Internet pour accumuler des likes, on passe en moyenne huit heures par jour sur nos écrans : ça fait vingt-sept années de notre vie. »
« Lauren Bastide: Ces outils sont essentiels pour faire passer des idées, mais il faut connaître les mécanismes d’addiction que ça engendre et s’en servir consciemment.(…) On peut croire que , quand on n’est pas sur les réseaux sociaux, on perd le contact avec l’actualité, mais non. Il y a beaucoup de façons de rester très bien informé. »
« Prendre du recul sur les réseaux sociaux est essentiel pour me préserver, pour garder mon alignement, ma joie, et surtout, surtout, surtout, ma capacité d’émerveillement. Alors j’ai fait un potager. Prendre soin de ce potager, c’est prendre soin de moi. Je trouve mon équilibre comme ça, en étant dans le mouvement et en revenant m’ancrer dans ce qui me nourrit, ce que je connais, ce qui m’a vue grandir. »
« Fabrice Midal: Pour arrêter d’être manipulés par les réseaux sociaux et la pression sociale, pour se défendre, il faut une arme. Cette arme, c’est la méditation. On se pose et on arrête d’être prisonniers de toutes ces injonctions qui nous écrasent. »
« Est-ce un progrès de prendre le temps pour tout mais de ne jamais prendre le temps du rien ? Est-ce un progrès de supprimer les imprévus ? Effacer la vie de nos vies nous rend-il plus heureux ? »
« Avant de ficeler notre bouquet de fleurs, tu m’as demandé quel serait le titre de mon livre. J’ai dit : « Tu penses quoi de la vie, mamie ? » Tu m’as répondu : « Oh, tu sais, la vie, je sais plus trop ce que j’en pense. Et ton titre alors ? » »
« C’est ici que je me sens loin du monde et en même temps vraiment présente à lui. Je n’existe plus pour personne, je reste dans ma chambre. Je me livre à l’introspection. Je digère les semaines passées sur la route. Je fais le vide. Je m’extirpe du bruit du monde. Je me retrouve. J’écris. Je pense. Je médite. Je laisse décanter ma vie. »
« C’est long et périlleux de préparer un film, d’écrire un livre, de porter ses convictions, de faire parler les gens, tout ça simultanément. Je ne compte pas vraiment les heures, les sujets, les trajets, les rencontres, les lignes, les appels. C’est le prix à payer pour la liberté et ces métiers que l’on construit par passion. »
« Matthieu Ricard: On cherche le bonheur là où il ne se trouve pas : la réussite, la jeunesse éternelle, la célébrité, l’argent, la beauté physique. On voit des gens qui ont tout ça, qui sont au top de la gloire, ils sont beaux, célèbres, et on apprend qu’ils sont déprimés. »
« Frédéric Lenoir: Le fait d’être bienveillant, de souhaiter le bonheur des autres , ça suscite en nous beaucoup plus de joie que l’inverse. La malveillance, se réjouir de l’échec des autres dans la compétition, ça donne des petits plaisirs mesquins, mais jamais de grande joie. »
« Je regarde les gens passer et marcher et parler et sourire. On apprend tellement sur l’humain en observant. Simplement. J’observe. Encore. Et après, j’écris. Je me passionne pour l’humain, pour les différentes réalités qui habitent chacun et chacune d’entre nous. Je suis fascinée par l’idée que tous et toutes, on a une façon bien personnelle de regarder le monde. Je l’aime tant cette vie, mamie. »
« Fabrice Midal: Le conseil que j’aimerais donner aux jeunes, c’est d’aller au bout de ce qui les passionne. D’oser creuser ce qui est important pour eux, ce qui les rend vivants. Parce que, souvent, on ne se l’autorise pas. On est tellement pris par la pression, la norme, que l’on ne se laisse pas aller à sa passion. Toute passion ne deviendra pas forcément un métier, mais au moins, c’est une porte d’accès pour embrasser la réalité. »
« Marc Levy: Faites l’amour et pas la guerre. Il faut beaucoup plus d’intelligence pour aimer qu’il n’en faut pour détester . »
La note De Lire Délire
*La phrase que je garde en souvenir :
« Avant de ficeler notre bouquet de fleurs, tu m’as demandé quel serait le titre de mon livre. J’ai dit : « Tu penses quoi de la vie, mamie ? » Tu m’as répondu : « Oh, tu sais, la vie, je sais plus trop ce que j’en pense. Et ton titre alors ? » »
Victoria Guillomon in Tu penses quoi de la vie, mamie ? , Fayard, 2024.
+Le bon point : Que penses-tu de la vie, mamie ? est une œuvre audacieuse, rafraichissante et idéaliste qui mérite d’être lue, ne serait-ce que pour la gravité et la pertinence des sujets traités, à savoir l’urgence climatique et le développement personnel.
-Le moins bon point : Si l’approche littéraire décontractée et multipolaire peut parfois laisser perplexe, l’importance des thématiques abordées et la sincérité de l’auteure compensent largement ces hésitations.


Et vous, qu’en pensez-vous ? Dites moi tout en commentaires !