« – Vous avez lu tous ces livres ? – Oui, certains plusieurs fois même. Ce sont les grands amours de ma vie, ils me font rire, pleurer, douter, réfléchir… Ils me permettent de m’échapper. Ils ont fait de moi une autre personne. – Un livre peut nous changer ? – Bien sûr ! Comme un coup de foudre. (…) »
Faye, Savoia, Sowa in Petit pays, Dupuis, 2024
Petit pays de Gaël Faye raconte l’histoire de Gaby, un jeune garçon métis qui grandit paisiblement au Burundi avec sa sœur Ana. Leur père, Michel, est un expatrié français, tandis que leur mère, Yvonne, est une réfugiée rwandaise d’origine tutsi. La famille vit dans un quartier résidentiel de Bujumbura, où Gaby passe ses journées à jouer avec ses amis et à profiter de la vie simple et insouciante de l’enfance.
Malheureusement, cette quiétude est brusquement interrompue par des événements politiques tragiques. Après une élection présidentielle controversée, un coup d’État éclate au Burundi, plongeant le pays dans une crise profonde. En parallèle, le Rwanda voisin sombre dans l’horreur avec le déclenchement du génocide des Tutsi.
À travers les yeux de Gaby, nous découvrons comment la violence et le chaos politique déchirent progressivement la vie de la communauté et de sa famille. Sur ce, je ne vous en dis pas plus, vous le découvrirez en lisant l’album.
Petit Pays explore la perte de l’innocence et l’impact des conflits ethniques sur les individus, tout en peignant un portrait émouvant et puissant d’une enfance brisée par la guerre.
Ce récit est une autofiction inspirée de faits historique, offrant une perspective unique sur les tragédies qui ont marqué l’Afrique des Grands Lacs dans les années 90.
Pour ma part : émouvant et historique
Je viens de lire Petit Pays de Gaël Faye, en bande dessinée, illustrée par Savoia et Sowa, et j’ai été profondément émue par cette œuvre.
N’ayant ni lu le roman ni vu le film, la parution récente de la BD m’a offert une excellente opportunité pour découvrir cette histoire tragique.
La BD constitue une introduction captivante au récit de Faye, tout en offrant un éclairage précieux sur le contexte historique de l’Afrique des années 90, marqué par une instabilité politique et une insécurité omniprésente.
L’un des aspects les plus remarquables de cette bande dessinée est l’utilisation de couleurs vives et contrastées, apportant ainsi une dimension visuelle riche et engageante. Les dessins sont simples aux contours nets, aux proportions réalistes et mettent en valeur la force de l’œuvre, qui réside avant tout dans la narration.
Les dialogues sont parfaitement clairs et adaptés, avec un objectif éducatif et historique évident. Ils facilitent la compréhension des événements complexes et tragiques qui ont conduit au génocide des Tutsi par les Hutus.
Pour moi, la bande dessinée Petit pays est une médiation réussie sur cette période sombre de l’histoire du continent africain. Je recommande.
Aperçu :
Ma note : 5 sur 5
+Le bon point : Récit d’une enfance brisée par la guerre et témoignage du massacre des Tutsi en 1994, Petit Pays en BD est une lecture historique précieuse, parfaitement adaptée pour l’éducation et la sensibilisation de toutes les générations. Une experience de lecture que je recommande vivement.

Exilés au Burundi, Gaby et Ana, enfants métis franco-rwandais, voient leur quotidien joyeux bousculé par la guerre civile. Alors que leur famille se déchire, le génocide des Tutsi au Rwanda voisin vient mettre un terme à leur innocence. D’ailleurs, déjà à l’école, Gaby assiste à une bagarre entre un Tutsi et un Hutu, que rien ne semble pourtant séparer si ce n’est – d’après son père – la forme de leur nez…
Mené par Marzena Sowa et Sylvain Savoia, l’adaptation du best-seller à résonance autobiographique de Gaël Faye – prix Goncourt des lycéens 2016 – qui a lui-même choisi les auteurs de Marzi parmi les nombreux projets présentés. Aussi magnifique que poignant.
Petit pays, BD – Éditions Dupuis
LE SAVIEZ-VOUS ? Le génocide des Tutsis au Rwanda, qui a eu lieu du 7 avril au 17 juillet 1994, est l’un des événements les plus tragiques de l’histoire récente. Déclenché par l’assassinat du président rwandais Juvénal Habyarimana, ce génocide a été orchestré par des extrémistes Hutus contre la population Tutsi et les Hutus modérés. Environ 800 000 à 1 000 000 de personnes ont été massacrées en l’espace de 100 jours. Les racines de cette atrocité remontent à des tensions ethniques exacerbées par la colonisation et des décennies de discrimination et de violence. La communauté internationale a été largement critiquée pour son inaction face à cette crise humanitaire catastrophique.





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