Chroniques tendres et cash d’une maman solo

  1. Synopsis
  2. Chroniques tendres et cashs d’une maman solo
  3. La note De Lire Délire

#Lagosse#NetGalleyFrance

Avant toute chose, je tiens à remercier chaleureusement NetGalley France et les éditions Grasset pour cette découverte éditoriale remarquable.

Aujourd’hui nous allons parler du roman intitulé La gosse de Nadia Daam, paru en mars 2024 aux éditions Grasset, 176 pages.

Synopsis

«  Tu verras avec une fille, c’est plus facile.  » C’est avec ces mots qu’on a voulu me rassurer, il y a 18 ans, quand j’ai annoncé le sexe de mon bébé à venir. Ça ne m’a ni surprise ni dérangée. Je me sentais davantage capable avec un enfant de mon espèce et n’en ai pas saisi les conséquences. Une fille, c’est «  plus facile  », mais facile à quoi, pour qui, et pourquoi  ?
 
Je pensais, les toutes premières années, qu’il n’y avait rien de plus dur qu’être privée de sommeil et de temps pour moi. C’est faux. Tenir éloignée une Gosse qui devient une femme de tous les désastres liés à son genre est bien plus éprouvant. Même – surtout  ?  – si l’on se targue d’être féministe et d’avoir pour la nouvelle génération de grands desseins réparateurs.
 
La Gosse, ma fille, a grandi et creusé l’écart qui nous sépare. Elle s’élance, je me tasse. Elle veut arpenter la ville et le monde, je ne cours même plus pour attraper le bus. Elle pleure devant Sex Education, sur Netflix, moi pendant les pubs pour les conventions obsèques. La Gosse est de moins en moins gosse. Ni facile, ni difficile (même si elle est objectivement un peu chiante, parfois). Au moins, j’ai retrouvé le sommeil, sauf quand elle sort le soir.
 
N.D.
 
Comment être nostalgique de l’enfance de son enfant sans la figer  ? Comment la prémunir de la violence des hommes sans la cloitrer  ? Comment lui conter ses romances calamiteuses sans la décourager d’oser l’amour  ? Comment la regarder se faire belle quand on vient tout juste de faire le choix de renoncer, avec soulagement et les cheveux sales, à se rendre désirable  ?
 
Nadia Daam passe au crible épreuves, questions, doutes et moments tendres. La chronique espiègle d’une famille d’aujourd’hui, ou l’odyssée drôle et douce d’une mère tentant de comprendre cette étrange  personne : sa fille adolescente.

La gosse, Nadia Daam, Grasset, 2024

Chroniques tendres et cashs d’une maman solo

Dans son dernier roman, La gosse, l’auteure, Nadia Daam connue également pour son travail journalistique, nous surprend à travers ces chroniques de maman solo.

La narratrice parle de son quotidien avec La gosse, depuis ses premières babilles jusqu’à sa majorité.

Dans un récit sans concession, avec un style d’écriture non censuré qui tranche avec ses expressions habituelles, ou pas, la narratrice nous partage son univers de mère célibataire confrontée aux défis et aux joies de l’éducation d’une enfant unique. Sur ce, je ne vous en dis pas plus, vous le découvrirez en lisant le livre.

Le récit se présente comme un mémoire, avec un chapitrage conséquent : derrière chaque titre, une anecdote tantôt attendrissante, tantôt philosophique.

Il est vrai que le style narratif adopté par Daam pourrait ne pas convenir à tous·tes. La familiarité du langage, l’oralité marquée et l’usage de termes disons pas très catholiques pourraient dérouter certaines lectrices et lecteurs. Cependant, cette approche peu orthodoxe apporte au récit une authenticité qui reflète le vecu et la réalité des émotions et des expériences décrites.

Bien que mon épreuve de lecture ait été mitigée en raison de ces choix stylistiques, je ne peux m’empêcher de reconnaître la force de l’histoire et son potentiel à toucher un public large.

La narratrice partage avec nous les épreuves et les triomphes de son parcours de maman solo, une aventure marquée par la perte et la résilience, ainsi que tout ce qui tisse le quotidien d’une relation mère-fille : la sévérité, l’inquiétude, la complicité, la bienveillance, etc.

Les mères et les mères célibataires, en particulier, pourraient se retrouver dans ces chroniques qui parlent d’identité, de vie et de la singularité de la maternité.

Si vous aimez les récits de famille authentiques et pleins d’humeur, La gosse est une œuvre qui mérite d’être lue.

Quelques citations 🤫

« La Règle. Celle qui impose de proposer au monde une autre que soi. Parfois même son strict envers. L’essentiel étant de ne surtout pas se satisfaire de sa propre gueule, et encore moins du corps dans lequel on est engoncé, mais de les parer de tous les artifices possibles. »

« On pourrait imaginer à me lire que quand les enfants grandissent, l’intranquillité prend le large. Ou alors que l’adolescence impose de passer d’infirmière à maton, et que c’est un sort plus enviable puisqu’on se soucie non plus de la mort, de la maladie et des dents de travers mais du fait que l’ado foire son brevet ou fume des clopes en cachette. Rien n’est plus faux. »

« Moi, j’ai peur de tout, tout le temps, partout. Je chemine à tâtons comme si la Catastrophe était tapie dans chaque recoin de mon existence et de mes déambulations et n’attendait que de me faire trébucher ou trépasser. »

« Et puis, la gosse est née, et j’ai découvert qu’il y a bien pire, bien plus encombrant que de vivre dans l’anticipation de sa propre mort lente ou brutale, il y a cohabiter avec la peur qu’il « arrive quelque chose » à son enfant. Et l’acception de ce que regroupe ce « quelque chose » est aussi large que terrifiante. Je me savais inquiète et vaguement hypocondriaque ; je me suis découverte intranquille chronique. »

« Je lui ai aussi dit, bien sûr, qu’elle devra toujours TOUJOURS garder un œil sur son verre et ne jamais JAMAIS accepter de boire dans le verre de quelqu’un d’autre s’il n’a pas été servi sous ses yeux. Parce qu’un jour, des gens mal intentionnés (c’est comme ça que je l’ai dit, « des gens mal intentionnés », alors que j’ai pensé « des gros chiens de la casse ») ont trouvé ça amusant et astucieux de droguer des femmes pour les abuser et qu’ils se sont refilé le tuyau. »

« Car il arrive un âge où l’urgence n’est plus de se fondre mais de se distinguer. Où l’on cesse de vouloir être un Lego dont le seul destin est de s’imbriquer parfaitement. Où l’on préférera finalement être remarquée qu’idoine . »

« Je n’ai pas plus d’admiration pour les femmes prétendument puissantes et indociles que je n’ai de commisération pour les suiveuses, les alignées. La gosse n’est ni l’un ni l’autre, elle chemine, met ses pas dans ceux des autres parfois, s’égare souvent, creuse ses propres sillons, claudique, court, trottine mais toujours sur ses deux pieds un peu en dedans. »

« Je n’ai pas non plus connu les soirées pyjama ailleurs qu’à la télé parce que ma mère n’a jamais consenti à me laisser dormir ailleurs que chez nous. Elle dégainait d’ailleurs un argument d’un pragmatisme assez imparable auquel il était difficile d’opposer mes velléités d’exotisme : « La nuit est plus noire chez ta copine ? Les lits sont plus confortables ? Non ? Ben alors ! » »

« Et si en plus, à cette fabrique du mérite, s’ajoute le récit d’une autre translation, soit le fait d’être issu de l’immigration, d’avoir été élevé dans une autre langue, d’autres us, d’autres parfums puis de s’en être allégé, comment ce chaos originel est-il raconté à nos gosses ? Je n’en sais trop rien. Mais la question ferait un bon sujet d’enquête de sociologie. Ou une belle chanson de Jean-Jacques Goldman… »

« Qu’il n’y a ni à être fière ni à avoir honte du pays de naissance de ses parents, ou de ses grands-parents. Qu’il n’est d’identité que celle qu’on se construit. »

« Le plus souvent, ces oscillations entre le projet de laisser nos enfants s’émanciper et le refus de les perdre de vue nous rendent versatiles et illisibles. On est un coup libertaires, un coup nerveux comme un motard de la Brav-M. »

« Voilà pourquoi on s’escrime toutes à être le plat le mieux assaisonné de la carte . À être parfaitement dosée en fermeté, détermination, légèreté, sérieux, flegme. À ne pas trop dire « oui ». À ne pas trop dire « non ». À élever la voix sans crier. À insister sans geindre. À répéter un ordre sans psalmodier. À céder sans se renier. À chouchouter sans gâter. »

La note De Lire Délire

La phrase que je garde en souvenir :

« Voilà pourquoi on s’escrime toutes à être le plat le mieux assaisonné de la carte . À être parfaitement dosée en fermeté, détermination, légèreté, sérieux, flegme. À ne pas trop dire « oui ». À ne pas trop dire « non ». À élever la voix sans crier. À insister sans geindre. À répéter un ordre sans psalmodier. À céder sans se renier. À chouchouter sans gâter. »

Le bon point : Un récit ahurissant et sans concession d’une maman solo qui invite à une réflexion sur la vie de parent, l’identité et les aléas de la vie avec une verve et une ferveur qui ne laisse pas indifférent.

Le moins bon point : Un langage disons pas très catholique que l’on prête à tort ou à raison à celles et ceux pour qui la vie n’est pas toujours simple.

Note : 3.5 sur 5.

2 réponses à « Chroniques tendres et cash d’une maman solo »

  1. […] suis peinée de le dire mais j’ai été déçue de La gosse de Nadia Daam. L’histoire en elle même est pourtant émouvante : une maman solo qui élève sa fille ado, […]

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  2. Avatar de Light And Smell

    Je ne suis pas concernée par le sujet mais cela reste intéressant à lire d’autant que le style m’intrigue. Il a l’air du style à passer ou à casser.

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