#LaSplendeurDuMonde #NetGalleyFrance
Avant toute chose je tiens à remercier chaleureusement NetGalley France et les éditions Stock pour cette découverte éditoriale remarquable.
Aujourd’hui nous allons parler de l’essai intitulé La Splendeur du monde – Aller à la rencontre de la beauté de Laurence Devillairs, paru en mai 2024 aux éditions Stock, 198 pages.
Synopsis
« C’est beau ». En trois mots, tout est dit. Devant un paysage comme devant un tableau, les mêmes trois mots. Que veulent-ils dire ? Qu’expriment-ils : un plaisir, une préférence, une appréciation culturelle ? Et si c’était tout cela à la fois et bien plus encore ? Et si la beauté, notre capacité à la voir, à la sentir et à l’entendre, était la manière singulière et profonde que nous avons d’être vivants, sur cette Terre ?
Au fil d’une trentaine de textes lumineux, mettant en scène ses propres expériences esthétiques, Laurence Devillairs tente d’élucider le mystère de la rencontre avec la beauté et nous invite à réapprendre à voir le beau, qui nous échappe souvent par manque de temps ou conformisme.
Elle propose pour cela des « exercices d’esthétiques appliqués » – tenter d’apprécier ce qu’on n’aime pas, voyager comme Bouvier sans attentes ni plans, accomplir non pas une bonne action mais un beau geste. Le jeu en vaut la chandelle ; qu’elle soit naturelle, créée ou bien même morale, la beauté nous fait une grande promesse, celle d’être émerveillés, changés et d’exister de façon plus accomplie.
LE SAVIEZ-VOUS ? La splendeur évoque une grande beauté ou quelque chose qui suscite admiration et attention. Cela peut être la magnificence d’un bâtiment restauré à sa gloire originelle après plusieurs années d’efforts, ou encore les splendeurs de Wakanda, d’Atlantis ou encore de l’Eldorado, que nous pouvons seulement imaginer.
Exploration fascinante de la quintessence du beau
À la vue d’un intitulé puissant et magnétique tel que La Splendeur du monde – Aller à la rencontre de la beauté , à quoi bon résister !
C’est donc dans cet état d’esprit que je me suis plongée dans cet essai philosophique captivant qui explore le thème de la splendeur à travers les expériences et réflexions personnelles de l’auteure.
Par une écriture efficiente, sans complexité excessive et un chapitrage riche, ce livre court se lit aisément, grâce au sujet aussi fascinant que bien traité.
L’auteure s’appuie sur des références variées, citant des figures emblématiques du romantisme comme Baudelaire et Chateaubriand, ainsi que des artistes du XXe siècle tels que Picasso. Ces références enrichissent son propos et illustrent la diversité des perspectives artistiques et philosophiques sur la beauté et la splendeur.
L’un des points centraux de l’essai est la nuance que fait l’auteure entre la beauté et la splendeur. Selon elle, la splendeur se caractérise par son caractère éphémère, une qualité fugace qui la distingue de la beauté, laquelle est perçue comme plus constante et sophistiquée. De plus, la splendeur est souvent une surprise, un moment d’étonnement ou d’improvisation, alors que la beauté est généralement plus élaborée et prévisible.
Cette nuance entre beauté et splendeur m’a particulièrement intéressé. Elle ouvre une réflexion profonde sur notre perception esthétique et sur l’importance des moments transitoires de splendeur dans notre appréciation du monde.
Pour ainsi dire, Laurence Devillairs argumente que la splendeur, en raison de son caractère éphémère, nous incite à être plus présents et attentifs, nous offrant ainsi des expériences esthétiques plus intenses et enrichissantes : « Si je suis intensément à ce que je vois, j’obtiens en échange d’exister pleinement. Le monde me renvoie mon regard et me tend la main : viens, vois et existe. »
Un lever de soleil, un bouton de rose, un vol d’hirondelles, la fumerolle de mon café bien chaud : tant de cadeaux de la vie qui nous extirpent de l’ennui et nous ouvrent à la splendeur. Il suffit de conditionner son regard… et tout devient beau.
Je recommande vivement La Splendeur du monde à celles et ceux qui souhaitent approfondir le sujet de l’esthétique sous un angle philosophique.
Quelques citations 🤫
« On nous propose toutes sortes d’exercices spirituels et de sagesses, censés nous faire méditer, changer, nous améliorer. Mais on néglige les exercices esthétiques, l’éducation à la beauté, tout ce qui permettrait d’ouvrir et d’aiguiser notre sensibilité. Parce que voir s’apprend, et que voir est une expérience incomparable où se mêlent tous les sens, le corps et l’intelligence aussi. »
« Imprévisible, parfois incognito, elle ne se signale pas ; elle réside souvent dans un détail – un coin de ciel, un contraste de couleurs, trois notes, quatre mots. C’est une intensité de beauté, sans le côté spectaculaire du sublime. C’est majestueux, mais simple aussi, épuré. La rencontre avec cette splendeur suscite un élan comparable à l’embrasement amoureux et marque un suspens : tout semble s’arrêter. »
« Et c’est sans doute là le mal de notre époque. Notre dépendance à l’égard des exhausteurs de goût et des filtres ôte à la splendeur son étrange simplicité, la banalise en pensant la sublimer. »
« Le merveilleux est dangereusement proche du kitsch. C’est surjouer la beauté, mettre des volants et des rubans, des napperons et des dentelles : « Regardez comme c’est beau. » »
« La splendeur a d’ailleurs ceci de singulier qu’elle ne saute pas aux yeux ; c’est pourquoi elle exige de faire preuve d’acuité et de vigilance. C’est comme être aux aguets, attentif à ce que le monde soudain pourrait nous offrir. La splendeur est un événement que rien ne signale, elle a l’imprévu d’une rencontre. »
« Les histoires d’amour finissent peut-être mal, mais elles débutent toujours bien. »
« Sans don de soi, on n’aime personne et on ne voit rien non plus. C’est à ce prix que la plus inimitable altérité se conjugue à la plus grande proximité – ces œuvres, ces lieux et moi, à l’unisson. Ma vie vibre de la vie de ce que je vois, un supplément de vitalité m’est offert. »
« C’est bien autre chose qu’un besoin de consommer et de posséder. Consommer use ; posséder finit par ennuyer, alors qu’avec la beauté, ce n’en est jamais fini, jamais assez. On n’est pas obligé d’être stendhalien jusqu’au malaise, mais il est important de ne pas confondre la beauté avec ce qu’elle n’est pas : un bien-être, une distraction, un divertissement. »
« Par cette expérience de la beauté, je comprends ce que signifie « être au monde » : c’est être partie prenante, irremplaçable, vivant à jamais. »
« Ces instants (de splendeur et de beauté ndlr) écrivent ma biographie, me la révèlent. J’aimerais ainsi que sur mon passeport soit écrit : « Aime Baudelaire, les Sex Pistols et Hegel ». C’est tout ce qui est à moi et que les ténèbres n’auront pas. C’est ce qui fait que je suis celle que je suis. Une histoire parallèle, si l’on veut, combien plus décisive que celle de ma carrière – si tant est que j’en aie une –, de mes choix , de mes ruptures et relations. »
« Les vers trop connus de Baudelaire résonnent alors comme un manifeste d’écologie esthétique : La Nature est un temple où de vivants piliers Laissent parfois sortir de confuses paroles ; L’homme y passe à travers des forêts de symboles Qui l’observent avec des regards familiers. »
« Si je suis intensément à ce que je vois, j’obtiens en échange d’exister pleinement. Le monde me renvoie mon regard et me tend la main : viens, vois et existe. »
La note De Lire Délire
La phrase que je garde en souvenir :
« Ces instants (de splendeur et de beauté ndlr) écrivent ma biographie, me la révèlent. J’aimerais ainsi que sur mon passeport soit écrit : « Aime Baudelaire, les Sex Pistols et Hegel ». C’est tout ce qui est à moi et que les ténèbres n’auront pas. C’est ce qui fait que je suis celle que je suis. Une histoire parallèle, si l’on veut, combien plus décisive que celle de ma carrière – si tant est que j’en aie une –, de mes choix , de mes ruptures et relations. »
Laurence Devillairs in La Splendeur du monde_ Aller à la rencontre de la beauté, Stock, 2024
Le bon point : Une perspective nouvelle et stimulante sur la manière dont nous percevons et valorisons la splendeur dans nos vies quotidiennes. Topissime !


Et vous, qu’en pensez-vous ? Dites moi tout en commentaires !