Ami·e·s De Lire bonjour et bienvenue dans cette nouvelle chronique !
Au sommaire :
Intro
Premières lignes est un rendez-vous littéraire créé par le blog Ma lecturothèque.
Et c’est simple comme bonjour : chaque dimanche, on présente un livre à travers ses premières lignes.
Pas de contrainte quant au choix : les thèmes sont libres et il n’est pas indispensable d’avoir déjà lu tout le livre pour en partager les premières lignes.
L’essentiel c’est de participer, l’occasion d’échanger un maximum de liens !
Houris de Kamel Daoud
PREMIERE PARTIE
LA VOIX
1
La nuit du 16 juin 2018, à Oran.
Le vois-tu ?
Je montre un grand sourire ininterrompu et je suis muette, ou presque. Pour me comprendre, on se penche vers moi très près comme pour partager un secret ou une nuit complice. Il faut s’habituer à mon souffle qui semble toujours être le dernier, à ma présence gênante au début. S’accrocher à mes yeux à la couleur rare, or et vert, comme le paradis. Tu vas presque croire, dans ton ignorance, qu’un homme invisible m’étouffe avec un foulard, mais tu ne dois pas paniquer. Dans la lumière, j’apparais comme une femme de taille élancée, exténuée, à peine vivante, et mon immense sourire figé ajoute au malaise de ceux qui me croisent. Ce sourire, illimité, large, presque dix-sept centimètres, n’a pas bougé depuis plus de vingt ans. Il est un peu plus bas que le bas de mon visage et étire mes mots, mes phrases. Parfois, je le cache avec un foulard coloré ; le tissu, je le choisis toujours onéreux et rare. Je relève mes cols.
Parlons, puisque l’occasion est inédite. Car, oui, tu es l’événement que je n’ai jamais imaginé.
Kamel Daoud in Houris, Gallimard, 2024
Quatrième de couverture
« Je suis la véritable trace, le plus solide des indices attestant de tout ce que nous avons vécu en dix ans en Algérie. Je cache l’histoire d’une guerre entière, inscrite sur ma peau depuis que je suis enfant. »
Aube est une jeune Algérienne qui doit se souvenir de la guerre d’indépendance, qu’elle n’a pas vécue, et oublier la guerre civile des années 1990, qu’elle a elle-même traversée. Sa tragédie est marquée sur son corps : une cicatrice au cou et des cordes vocales détruites. Muette, elle rêve de retrouver sa voix.
Son histoire, elle ne peut la raconter qu’à la fille qu’elle porte dans son ventre. Mais a-t-elle le droit de garder cette enfant ? Peut-on donner la vie quand on vous l’a presque arrachée ? Dans un pays qui a voté des lois pour punir quiconque évoque la guerre civile, Aube décide de se rendre dans son village natal, où tout a débuté, et où les morts lui répondront peut-être.
Pour cet épisode de Premières Lignes, je vous propose de découvrir rien moins que le Prix Goncourt de cette année ! Le millésime 2024 est intitulé Houris de Kamel Daoud.
Ce roman est encensé par la critique :
« Un chef d’œuvre. Kamel Daoud donne la parole à toutes victimes de la guerre civile qui s’est déroulée en Algérie dans les années 1990. C’est absolument magnifique. » Franz-Olivier Giesbert, RTL*
« Une fresque historique portée par un souffle lyrique éclatant. » Le Parisien*
*Source : gallimard.fr
Comme tous les ans, à la même période, je suis curieuse de découvrir le lauréat du plus prestigieux prix littéraire français : et hop dans ma wishlist ✨
Et vous, vous l’avez déjà lu ? Est-ce que ces premières lignes vous donnent envie de lire la suite? Dites-moi en commentaires 😉
Dans tous les cas, je vous souhaite un bon dimanche De Lire Délire !
Littérairement vôtre,
Aïkà


Et vous, qu’en pensez-vous ? Dites moi tout en commentaires !