« Jusqu’au XVe siècle, les femmes sont privées d’instruction, ce qui les cantonne à des tâches domestiques. Grâce à l’imprimerie, elles ont soudain l’opportunité de s’éduquer. (…) Et de s’interroger sur le rôle qui leur est réservé dans la société. Mais aussi de critiquer les textes misogynes existants comme l’a fait Christine de Pizan. »
Caroline Cohen Ring in Histoires de Sororité, Glénat, 2025
À travers les siècles, elles ont défié les normes, brisé les chaînes et écrit l’Histoire. Ces femmes rebelles n’ont pas seulement lutté, elles ont laissé une trace indélébile. Aujourd’hui, leur héritage est enfin révélé au grand jour.
Dans le vaste paysage de la bande dessinée engagée, Histoires de Sororité de Caroline Cohen Ring s’impose comme l’album à ne pas rater. Ce livre coloré et lumineux met en lumière les femmes qui ont façonné l’Histoire, souvent reléguées aux marges du récit officiel. À travers un style ourlé, tout en rondeur et en ligne claire, l’auteure illustratrice redonne vie aux figures féminines dont les combats ont été volontairement effacés ou minimisés.
L’album révèle la fameuse « Querelle des Femmes », qui existe depuis l’invention de l’imprimerie, entre les auteures féministes et les auteurs antiféministes.
« En 1949 dans Le Deuxième Sexe, Simone de Beauvoir met fin à cette querelle qui aura duré presque 500 ans. »
Loin de se contenter des figures emblématiques comme Cléopâtre, Jeanne d’Arc ou les Amazones, Histoires de Sororité nous invite à découvrir d’autres femmes historiques qui ont laissé leur empreinte. Parmi elles, j’ai pour ma part découvert l’œuvre des sœurs Nardal à l’origine de la négritude, le courant intellectuel historiquement attribué à leurs contemporains Césaire et Senghor.
« Les sœurs Nardal, et notamment Paulette par ses écrits, ont laissé derrière elle les prémices du féminisme intersectionnel. »
Sans oublier Mahsa Amini, pour moi symbole éternel du combat « Femme, Vie, Liberté« , rappelant que la lutte pour les droits des femmes est plus actuelle que jamais.
« Le mouvement semble piétiner. Pourtant, pour les Iraniennes, il y a un avant et un après Mahsa Amini. Une résistance silencieuse continue à Téhéran, où les femmes se dévoilent de plus en plus. Le combat ne fait que commencer. »
À la fin de l’album, un ensemble de ressources permet d’approfondir les récits et de prolonger la réflexion. Une approche pédagogique qui transforme la lecture en un engagement intellectuel opportun.
À l’instar du formidable Libres de penser, Histoires de Sororité est un vibrant hommage aux résistances féminines, un outil de transmission et une porte ouverte sur un passé méconnu. À lire et à faire connaître sans hésitation ! Rebelles éternelles, moi, je recommande.

Quatrième de couverture
Quand les femmes s’entraident, la cause avance…
On parle souvent des grandes femmes qui ont marqué les époques, on les cite, on se félicite même du fait que l’Histoire ne les ait pas oubliées. Mais dans la plupart des cas, ce sont des femmes qui ont su s’imposer seules dans un monde d’hommes. Qu’en est-il de ce féminisme qui a débuté dans la sororité – de ces femmes agissant pour les femmes – et qui a permis si ce n’est l’émancipation, un accès au savoir et une forme d’égalité ?
À travers les siècles, Caroline Cohen Ring revient sur des portraits de femmes qui ont favorisé la sororité. À ses côtés, nous remontons le temps pour faire connaissance avec des femmes courageuses, savantes ou guerrières. Nous connaissons Sappho, célèbre pour ses écrits poétiques durant l’Antiquité. Mais au-delà de son talent, elle a aidé un large cercle de jeunes femmes avant le mariage. Cette forme d’instruction était inédite, tout comme le savoir qu’elle partageait avec elles. Mais on peut remonter plus loin. À la préhistoire, la dame du Cavillon – que les archéologues confondirent avec un homme – fut une mère mais aussi une chasseuse hors pair. Et que dire des Amazones, un fantasme inspiré du peuple des Scythes, qui vivaient dans une mixité propice au partage des tâches ? Le destin de la reine Boadicée, qui prit la tête d’une armée pour se venger des Romains, est tout aussi inspirant. Au fil de l’Histoire, nous redécouvrons ces nouveaux visages et portons un autre regard sur les relations entre femmes.
Caroline Cohen Ring part d’une réflexion simple : pourquoi les livres, les films ou les séries mettent si souvent les femmes en conflit ? Et si l’image des femmes rivales était un des socles du patriarcat ? Dans cet album couleur pastel, dans lequel l’autrice endosse toutes les casquettes, elle met en lumière des faits historiques qui ont implanté les bases d’un féminisme qui trouve sa force dans la sororité. Une pépite pleine d’audace à ne pas manquer.
Source image & résumé
Histoires de Sororités | Éditions Glénat : Lien
Et mon avis en bref
Dans cet album, Caroline Cohen Ring redonne vie aux femmes dont les luttes ont été volontairement effacées ou minimisées. À travers un style coloré et fluide, cet album est un vibrant hommage aux résistances féminines, un outil de transmission et une porte ouverte sur un passé méconnu.
Ma note : 4/5
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