« Si vous commencez à douter de vous, vous donnez raison à tous ceux qui nous traitent comme des êtres inférieurs ! N’ayez jamais honte de vous, de ce que vous êtes! Jamais ! Un jour viendra où nous pourrions vivre au grand jour ! »
Muñoz & Alcante in Gi Gay, Aire Libre, 2025
Des jeunes journalistes sont invités chez Mr Alan Cole dans le cadre d’une interview en ce jour très spécial.
Et sur la sollicitation de la petite équipe, l’hôte, d’un certain âge et d’un certain vécu, raconte. C’était dans les années 40, au lendemain de l’attaque de Pearl Harbour.
À l’époque, doctorant en psychiatrie, Alan a été mobilisé pour devenir médecin de guerre, affecté au service de recrutement des G.Is. C’est ainsi que son regard croisa celui de Merle Gore, un jeune soldat solaire et au sourire à faire tomber tous les murs. Au fond d’eux, ils le savaient : c’était écrit. Très vite, un lien puissant, plus fort que tout, se tisse entre les deux jeunes Marines.
Mais dans l’Amérique militaire de la Seconde Guerre mondiale, leur histoire d’amour est une transgression impardonnable. Quand leur liaison est découverte, l’armée les expulse à travers ce que l’on appelait le « blue ticket », une façon de radier les indésirables des registres officiels, sans procès ni explication.
Ce roman graphique nous replonge dans les mœurs de l’armée américaine des années 40 où l’homosexualité était un crime et la virilité forcée. La romance entre Alan et Merle met en exergue plusieurs thématiques fortes : la discrimination et l’exclusion des éléments au fort potentiel à cause de leur orientation sexuelle, l’homosexualité dans un contexte militaire humiliant et hyper viriliste, ainsi que le besoin vital d’être fidèle à soi-même, envers et contre tous; sur ce, je ne vous en dis pas plus, vous le découvrirez en lisant l’album.
« Tu n’es qu’un lâche ! Moi, je continuerai à mentir aux autres, mais pas à moi-même ! On peut mentir à tout le monde mais pas à sa conscience ! Je sais qui je suis. Et jamais je n’en aurai honte ! Par contre j’ai tellement honte pour toi ! »
Muñoz & Alcante in Gi Gay, Aire Libre, 2025
À travers des dessins détaillés et réalistes, non sans rappeler le style rétro pop des comics américains, le récit montre sans juger, jusqu’aux scènes sensibles et j’en passe. La colorisation, soigneusement contrastée, accompagne parfaitement les ambiances, qu’elles soient tendres ou tendues. Le résultat est un récit de guerre doublé d’une tranche de vie émouvante, une lecture forte et nécessaire. Semper fidelis*, moi, je recommande.
*Semper fidelis, devise des G.Is, signifie « toujours fidèle » en latin.

Quatrième de couverture
7 décembre 1941 : alors que Pearl Harbor pousse les États-Unis à entrer en guerre contre le Japon, le jeune psychiatre Alan Cole exerce à l’hôpital de San Diego. Exempté de conscription, il décide toutefois de s’engager sous la pression de son futur beau-père, général à la retraite qui ne donnera sa fille qu’à « un homme, un vrai »… C’est ainsi qu’Alan va se retrouver à examiner tous les nouveaux marines, avec pour objectif d’écarter ceux dont le comportement pourrait nuire à la cohésion des troupes : délinquants, alcooliques et surtout les homosexuels, considérés à l’époque au mieux comme des malades mentaux, au pire comme des criminels. Mais Cole, en rencontrant, Merle Gore, jeune GI plein d’assurance, va en tomber amoureux… Ensemble, Alan et Merle devront non seulement survivre aux offensives des Japonais mais également aux purges anti-homosexuelles de l’armée US !
Après le succès international de La Bombe, Alcante traite un sujet tout aussi universel, où il déploie son sens du récit et du détail historique, aidé par le trait doux mais efficace de Bernardo Muñoz.
Et mon avis en bref
La romance entre Alan et Merle met en exergue plusieurs thématiques fortes que le récit montre sans juger, jusqu’aux scènes sensibles. Le résultat est un récit de guerre doublé d’une tranche de vie émouvante.
Ma note : 4.5/5.
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