Quand le pinceau rencontre la plume

« Ce chien me réapprend à lire le vivant qui nous entoure. À écouter la musique de la nature … Ses amplitudes… Ses respirations… Ses mystères. »

José-Luis Munuera in Son odeur après la pluie d’après le roman de Cédric Sapin-Defour, Le Lombard, 2025

Il y a des œuvres qui laissent une empreinte plus profonde que d’autres. Son odeur après la pluie en fait partie. Je connaissais déjà le texte de Cédric Sapin-Defour, lu en 2023, et le style transcendant de Munuera, que j’avais adoré dans Un chant de Noël et Peter Pan de Kensington. Alors forcément, les attentes étaient hautes… et pourtant, elles ont été dépassées.

L’histoire, dans sa simplicité bouleversante, parle d’un homme et de son chien, du lien intime, organique, entre les êtres. Une ode à la fidélité, au passage du temps, à la perte aussi, mais toujours teintée d’une lumière douce et pudique. Le récit se déroule dans les paysages montagneux du Vercors, qu’on sent presque sous nos pas tant le dessin est évocateur.

« Les chaudes soirées d’été, nous installons un matelas sur la terrasse et nous dormons les uns au milieu des autres. Les lucioles rivalisent avec les étoiles. Et les ronflements d’ Ubac rivalisent avec le cri-cri des grillons. Les étoiles filantes filent et nous ne trouvons pas de vœux supérieurs à ce que tout cela continue. »

Mais ce n’est pas tant le récit en lui-même que je retiendrai, c’est le ressenti. J’ai lu l’album en une heure, happée, émue, contemplative. Ce fut une parenthèse de beauté pure. Comme toujours avec Munuera, les couleurs sont sublimes, les dessins à la fois fins et vivants. Chaque planche respire, chaque silence dit quelque chose, chaque regard porte une tendresse immense. Et surtout, le texte n’est jamais écrasé par l’image, il trouve au contraire un écrin délicat : un texte aérien, choisi avec soin, qui dialogue merveilleusement avec le trait.

« Dans tous les paradoxes du monde se cachent une part de vérité et une autre de beauté. »

C’est un album qu’on referme avec émotion, de ceux qu’on ne prête qu’à ceux qu’on aime, ou qu’on garde près de soi comme un talisman.

« Mon Ubac (…) On n’avait pas tout à fait fini de t’aimer ». »

Un immense bravo à José-Luis Munuera pour cette réussite artistique et sensible : une fois de plus, la beauté et l’émotion sont au rendez-vous, avec une intensité rare.

Quand le pinceau rencontre la plume , moi, je recommande.

Est-ce que cela vous a plu ? Vos avis, vos suggestions ou vos petits coucous sont très précieux pour moi et toujours la bienvenue en commentaires !

2 réponses à « Quand le pinceau rencontre la plume »

  1. Avatar de Light And Smell

    Appréciant Munuera, cette BD est dans ma PAL d’autant qu’elle semble très émouvante. Merci pour ton avis 🙂

    Aimé par 1 personne

    1. Avatar de Aïkà Valisoa

      Hello Light 🌞 Je te souhaite une très belle lecture et espère lire ta chronique bientôt si c’est ce que tu as prévu 😉

      Aimé par 1 personne

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