« Il faut aimer la vie, il faut embrasser les gens, se mettre à genoux et les serrer contre soi, et les serrer fort et leur dire qu’on les aime, et leur dire encore, avant d’être pris par surprise, avant d’être pris en traître et d’être dévasté, il faut pleurer de bonheur chaque jour, et pleurer de peur de perdre les gens qui nous importent, même si on sait qu’on les perdra. »
Jim & Bonneau in L’Étreinte, Grand Angle, 2021
Romy et Benjamin, l’une institutrice et l’autre sculpteur, sont un couple uni qui a pour habitude de ne se faire aucune cachotterie. Ce jour-là, ils rentrent de leurs vacances à Cadaqués, où visiblement ils ont pris du bon temps. La preuve en image : Benjamin est subjugué et pas peu fier de l’un de ses clichés en particulier, celui d’une jeune femme en maillot de bain noir entrain de lire sur la plage. Le temps d’en parler à sa complice et la catastrophe se produit.
Maintenant que Romy se trouve entre deux mondes, Benjamin est seul. Face à l’avenir qui s’annonce de plus en plus sombre. Face à ses incertitudes et au poids de sa culpabilité. Et surtout face à cette obsession nouvelle pour la femme qu’il a photographié à Cadaqués; sur ce, je ne vous en dis pas plus, vous le découvrirez en lisant l’album.
Le scénario est réalisé de main de maître : c’est à travers des flash-backs que nous découvrons progressivement le passé des personnages, leur complexité et leurs motivations.
En tout cas, l’album est d’une esthétique rare : de dessins réalistes et expressifs esquissés à la pointe ou à la mine noire réhaussés de belles couleurs aux tons pastels et contrastés.
Comme traversé par la grâce d’une mélodie d’adieux :
« Embrasser la peau des vivants, serrer leur chaleur contre soi… Aujourd’hui je comprends ça, Romy… Combien de fois, Romy, j’aurais dû être plus présent quand j’étais près de toi ? Mille fois, dix mille fois ? Combien de fois j’aurai dû être avec toi quand j’étais avec toi ? »
J’ai aimé lire cet album captivant, qui m’a émue et bouleversée en me faisant voyager dans un univers poétique et mélancolique entre Paris et Cadaqués.
Et comment se dire adieu, moi, je recommande.

Quatrième de couverture
Une histoire sur nos icebergs et sur le désir de ne pas sombrer sous la surface.
Romy est institutrice. Benjamin est un jeune sculpteur qui prépare sa première exposition. C’est lors d’un week-end à Cadaqués que l’impensable va se produire. L’Étreinte, c’est l’histoire d’une inconnue prise en photo sur une plage. C’est une histoire d’adieux. C’est l’histoire de gens qui s’effleurent. Et de certaines émotions. De belles émotions.Et de celles qu’on préfère taire. Portée par deux talents de la bande dessinée, L’Étreinte est un choc graphique qui serre le cœur. Un livre rare et ambitieux, que l’on porte longtemps en soi après sa lecture.
“Ne cherchez pas mon cœur, il ne bat plus.”
Source : L’Étreinte – Histoire complète | BD GRAND ANGLE : Lien
Et mon avis en bref
Un récit intimiste sur le désir, le regret et la douleur à travers des pages sublimes aux dessins réalistes d’une rare beauté.
Ma note : 4/5
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