Premières lignes #45

Colza

Guillaume Ledoux

Le Cherche-Midi – 2025

Chapitre 1

À l’époque du Roi Jean, dans le quartier de Bel-Air, la mécanique était plutôt bien huilée et la vie se déroulait tranquillement et immuablement. Jean était craint, et ses ivresses redoutées et quotidiennes. Depuis qu’un autre personnage princier, Sofiane, dormait en prison pour quelques malheureuses affaires, il se sentait avoir le champ libre dans les rues de la ville et promenait son arrogance et son gros ventre sur les trottoirs crasseux des bas quartiers comme sur les nouveaux pavés de la place des Marchés. Il y croisait tous les jours une sorte de cour, composée d’individus de basse extraction qui répondaient aux noms de Raffia, Papillon, Père Court, Karam –appelé aussi Karamel –, La Boulange, La Gitane, Milou, Koto, La Fouine, et j’en passe. Je les connaissais et les saluais tous, et même si j’en évitais certains (dont Jean), je les aimais bien sans pour autant me mélanger à eux.

Koto était le plus dangereux. Un vrai taré. Le genre de mec au regard de fou qui pouvait vous rentrer dedans sans prévenir, pour une clope ou parce qu’il était tombé en panne d’essence, ce qui constituait à ses yeux une raison suffisante pour vous casser la gueule.

Papillon, Karam et Raffia étaient très chouettes, mais mon préféré, c’était le Père Court.

Jean-Pierre Court.

Guillaume Ledoux in Colza, Le Cherche-Midi , 2025



Parfois, il suffit de quelques lignes pour que la magie opère. Ce fut bien le cas avec Colza de Guillaume Ledoux, fraîchement arrivé dans ma PAL — un service presse que je n’attendais pas avec autant d’impatience… jusqu’à ce que je l’ouvre.

Dès les premières pages, un sourire en coin s’est installé. Vous voyez, ce genre de livre qui vous attrape par le ton, un brin absurde, franchement drôle, et résolument singulier. J’ai tout de suite senti que j’étais entre de bonnes mains — celles d’un auteur qui n’a pas peur d’oser un style assumé, libre, et sacrément vivant.

Pourquoi j’ai envie de le lire ? Pour m’évader, tout simplement. M’offrir une épopée champêtre et fantasque à travers les étendues de colza qui bordent nos nationales françaises. Ces paysages familiers qu’on traverse trop vite sans y prêter attention… ici, ils semblent devenir le théâtre d’une aventure inattendue, et je suis curieuse de découvrir comment.

Je n’ai pas encore commencé ma lecture, mais Colza promet un dépaysement à la fois doux et piquant, avec ce petit grain de folie littéraire que j’affectionne tant. J’ai hâte de m’y plonger, de suivre cette drôle d’odyssée rurale, et de voir jusqu’où Guillaume Ledoux nous emmène.

Alors, affaire à suivre dans une prochaine chronique lecture… mais pour l’instant, il rejoint ma PAL en bonne place.

Et vous, vous l’avez déjà lu ? Est-ce que ces premières lignes vous donnent envie de lire la suite? Dites-moi en commentaires 😉

Dans tous les cas, je vous souhaite un bon dimanche!

2 réponses à « Premières lignes #45 »

  1. Avatar de Vampilou fait son Cinéma
    Vampilou fait son Cinéma

    J’aime tellement ce que tu décris sur tes sentiments en ouvrant ce roman, ça me donne tant envie de vivre la même chose !

    Aimé par 1 personne

    1. Avatar de Aïkà Valisoa

      Hello Vampilou 🌞 Merci beaucoup 😃 Tu sais, dans ce type de chronique, je ne fais que spéculer d’après mon parcours de lectrice, que dis-je, de lecturiste 🥲 Mais, à contrario, avoir un horizon d’attente aussi enthousiaste peut se solder par une déception à la lecture ( la lecturisation) du point final; comme on dit « plus dure sera la chute »… Ceci étant, ce n’est pas forcément le cas, cela dépend vraiment du roman et aussi du moment où il est lu 😊 Merci pour ta gentille visite par ici ma chère 😉

      Aimé par 1 personne

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