Une reine sans royaume
Hella Feki
jC Lattès – 2025
Alger, le 23 mai 1917
À l’orée de ma mort, l’écriture m’apparaît comme l’ultime moment d’ascèse, celui de l’évocation des visages lointains et des décors enfouis du voyage qui marqua le plus mon existence, celui que je fis à Tunis au printemps 1907. Dans le chagrin du paysage malgache, l’agressivité, la violence, la perte de la foi, l’incertitude, la peur, le désespoir, la souffrance envahissaient un monde de silences, à l’image de ma terre intérieure, dévalant une pente où l’aube se dérobe. Dans la découverte de la beauté de ce monde en sursis, à Tunis, mon histoire me paraissait un songe, fait de prémonitions, de réminiscences, d’images en gravitation légère. Nous ne rêvons jamais tant que dans nos périodes de désirs ou de douleurs, qui ne sont que des désirs blessés.
Je n’ai pas choisi. Je suis née reine. Tout m’a été imposé . Dès mon premier cri, on a voulu tracer, sur une page vierge, une destinée , des signes, des lignes. L’être humain n’est-il pas inachevé par essence, un chant obscur de la terre, né d’un cri le jour de sa naissance ?
Hella Feki in Une reine sans royaume, JC Lattès , 2025

Quatrième de couverture
Une figure de femme oubliée de l’Histoire. La dernière reine malgache, Ranavalona III. Une reine exilée loin de son royaume qui va vivre une renaissance le temps d’un séjour à Tunis en 1907. Une voix envoûtante, une vie édifiante.
En débarquant à Tunis en 1907, Ranavalona III, dernière reine de Madagascar, est submergée par les souvenirs de sa jeunesse à Tananarive, ses amours passionnées et la tragédie de son exil forcé.
Elle découvre aussi un pays où bat le pouls intellectuel de l’Orient d’alors, avec ses salons de pensée tenus par des souveraines lumineuses. Toutes ont en commun l’amour de la littérature et de la politique, et aux côtés de ces femmes, Ranavalona retrouve son souffle.
Dans ce deuxième roman poétique et envoûtant, Hella Feki redonne voix à cette reine qui n’était pas destinée à régner. Un voyage d’un bout à l’autre de l’Afrique, une variation romanesque sur cette figure oubliée de l’Histoire.
Source image & résumé :
Une reine sans royaume ( Grand format – Broché 2025 ) de Hella Feki | JC Lattès : Lien
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Il y a des livres qu’on n’a pas encore ouverts, mais qui vous parlent déjà. Une reine sans royaume, roman de Hella Feki que j’ai récemment reçu en service presse, en fait partie. D’abord parce que sa couverture est une invitation en soi : chatoyante, majestueuse, elle offre le profil d’une reine coiffée d’un élégant chapeau à plume, comme une promesse de dignité préservée malgré la chute.
Mais ce n’est pas seulement l’esthétique qui m’a convaincue de me positionner sur cette lecture. C’est surtout le sujet : l’évocation de Ranavalona III, la dernière reine de Madagascar. Pour moi qui viens de ce pays, ce nom n’est pas anodin. J’ai grandi avec cette figure historique à la fois lointaine et familière, cette femme déposée, exilée, mais jamais oubliée. Je connaissais sa « chute », sa dignité blessée, les images de ses apparitions publiques en exil, où elle suscitait une profonde compassion. Elle m’a toujours intriguée, touchée, questionnée.
J’attends de ce roman un souffle sensible, une écriture capable de redonner chair à cette souveraine sans royaume. J’espère y retrouver ce mélange de solitude et de noblesse, d’Histoire et d’intime. Et aussi, peut-être, un écho à ce que cela signifie, aujourd’hui encore, d’être une femme malagasy regardant vers le passé avec respect, et vers la littérature avec émotion.
Et vous, vous l’avez déjà lu ? Est-ce que ces premières lignes vous donnent envie de lire la suite? Dites-moi en commentaires 😉
Dans tous les cas, je vous souhaite un bon dimanche!

Et vous, qu’en pensez-vous ? Dites moi tout en commentaires !