De la retraite spirituelle

« Il m’a fallu admettre, non pas que je ne me connaissais pas, mais plutôt que je m’étais perdue. Et ça, depuis un bon moment. À force d’évoluer dans un monde de façade et d’influence, j’ai fini par me laisser convaincre que je devais avoir, ou être comme, ce qui m’était montré partout sur les réseaux. »

Carène Ponte in Recherche Lily désespérément, Lizzie, 2025.

À 40 ans, Lily pensait avoir trouvé sa place : directrice marketing dans la boîte d’événementiel créée par sa BFF, pétillante, débordante d’idées, elle avait tout pour continuer à briller. Jusqu’au jour où elle se fait évincer par Sybille, 20 ans, dotée d’un atout clé, un must-have en cette ère numérique, c’est-à-dire « une parfaite maitrise des réseaux sociaux ». Une situation tristement réaliste : de nos jours, à compétences égales sur le marché du marketing, jeunesse + « digital touch » = le combo gagnant.

Lily est donc mise sur la touche « invitée » à poser quelques semaines de vacances, au moment crucial où la boite va jouer son plus gros contrat.

Qu’à cela ne tienne, la quadra voit les choses du bon côté et choisit de vivre la fameuse retraite spirituelle, comme elle l’a vu faire par ses influenceuses préférées. Vous voyez le genre « Instagram » : sérénité, yoga, jus verts, et selfies au lever du soleil. Sauf qu’avec Carène Ponte, comme dans Un Noël mi-figue mi-praline, rien ne se passe jamais comme prévu !

Le roman fonctionne bien parce qu’il repose sur un personnage principal un peu fofolle, souvent superficielle, mais fondamentalement gentille et vulnérable. Elle traverse sa crise de la quarantaine avec beaucoup de confusion, un soupçon d’auto-dérision, et de belles surprises en chemin.

Derrière les références sympas aux années 90 se cachent les vraies questions de l’âge adulte : la peur du vide existentiel, les remises en question, l’amitié qui sauve tout, et la douce possibilité de se réinventer.

J’ai écouté ce roman en version audio, brillamment interprété par Olivia Nicosa. Elle incarne Lily avec beaucoup de justesse, captant à merveille ses contradictions, ses envolées, ses émotions. On entend littéralement ses grimaces, ses éclats, ses fragilités. J’ai juste un petit bémol — purement personnel — : j’aurais vraiment apprécié une voix masculine pour incarner le personnage masculin. Cela aurait donné plus de relief et de dynamisme à certaines scènes, notamment dans les dialogues. Ceci dit, dans l’ensemble, l’interprétation reste vivante, maîtrisée, et très agréable à écouter.

Si vous cherchez un roman divertissant, avec des personnages hauts en couleur et des rebondissements savoureux (parfois absurdes, capillotractés mais bon, c’est feel-good), Cherche Lily désespérément devrait vous plaire. Comme toujours avec Carène Ponte, tout part en tralala, et c’est précisément ce qui fait le charme de ses comédies romantiques. De la retraite spirituelle, moi, je recommande.

Lisez les premières lignes ici.

Quelques citations

« Aujourd’hui, on peut presque tout avoir en dix minutes, des lunettes, de la nourriture, des médicaments… mais on ne peut compter sur personne lorsqu’il s’agit de l’essentiel. »


« Je n’ai pas d’enfant et jamais eu l’envie d’en avoir. Ce n’est pas très politiquement correct de dire ça et quand j’en parle, les gens réagissent toujours de la même manière, leur regard soudain soupçonneux cherchant à déceler l’anomalie derrière cette affirmation. Ne pas vouloir d’enfant ne peut pas être un postulat de base quand on est une femme, ça cache forcément quelque chose, des traumatismes d’enfance ou une pathologie mentale quelconque.
Absolument rien de tout ça chez moi. Enfance normale, pas de maladie. Juste, pas envie. »


 » La confiance en soi et la capacité de se tenir debout seul me paraissent essentielles pour réussir notre vie. je ne parle pas d’une assurance stupide, mais d’une conscience de notre potentiel intérieur, une certitude que nous pouvons toujours nous corriger, nous améliorer, nous enrichir, et que rien n’est jamais perdu. »
Mon cerveau n’imprime pas un seul mot de cette citation pourtant très profonde du Dalaï-Lama. Mais je pourrais aussi bien lire « la gisoudh ihidybz que l’onhusu joyhhbsbjjhjkie », ce serait tout aussi profond. »

Carène Ponte in Recherche Lily désespérément, Lizzie, 2025

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4 réponses à « De la retraite spirituelle »

  1. Avatar de Cyrlight

    Sûrement trop feel-good pour moi, c’est dommage :/

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    1. Avatar de Aïkà Valisoa

      Hello Cyrlight 🌞 C’est surtout rigolo et truffé de références pop des années 90… au cas où ça te parle 😆 Sinon, en effet, c’est dommage mais il y aura sûrement d’autres occasion ✨ Merci de ta visite ma chère 😉

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  2. Avatar de Light And Smell

    J’aime beaucoup ce genre de personnages 🙂

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    1. Avatar de Aïkà Valisoa

      Hello Light 🌞 Moi aussi : en ce moment, les quarantenaires qui ont un brin de folie sont mes préféré·e·s 🤩😉

      Aimé par 1 personne

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