« Il y a une certaine tragédie à vouloir fuir le temps à tout prix. À chercher à effacer les marques qu’il laisse sur nous. Ces marques sont pourtant le témoignage de tout ce que nous avons traversé, de tout ce que nous avons vécu. Elles sont la preuve que nous avons aimé, souffert, ri, pleuré. Que nous avons vécu, tout simplement. »
Laure Iniz in Autant en emporte le temps, Librinova, 2025
Il était une fois Violette, une mamie fantastique de 80 ans qui vendait des crèmes sur Instagram. Exactement : une influenceuse senior, entourée de ses copines mamies aussi dynamiques qu’elle. Elle a du succès, elle croque la vie à pleines dents, et vit paisiblement dans un appartement avec vue sur la mer, à deux pas de la plage. Elle reçoit régulièrement la visite de sa petite-fille Nahée, avec qui elle partage une belle complicité.
Un jour, par un heureux hasard, Violette découvre la formule d’une crème de jouvence capable de la rajeunir et de lui redonner ses vingt ans mais seulement pour 24 heures, à chaque prise ; c’est dire si la posologie doit être scrupuleusement respectée! À l’instar du mythe de Faust, la tentation est grande de profiter de cette magie. C’est ainsi qu’à l’insu de son entourage, notre Mamie Violette devient Mademoiselle Victoire : jeune, belle, pleine d’énergie et d’entrain. Et dans une boîte de nuit, elle rencontre Oscar, vingt ans lui aussi… Sur ce, je ne vous en dis pas plus, vous le découvrirez en lisant le livre.
Ce que j’ai particulièrement aimé dans ce roman, c’est sa construction. Les chapitres alternent entre la voix de Violette et la narration de son passé, ce qui donne une belle profondeur au récit. Chaque chapitre est précédé d’une petite citation inspirante ou d’un titre de chanson, ce qui ajoute une touche originale et très agréable.
Le récit démarre sur une note guillerette, joyeuse, presque insouciante, mais au-delà de la comédie, il aborde des thèmes plus profonds : les regrets, le temps qui passe, les moments chéris qui ne reviendront plus jamais. Et surtout, la fin à laquelle je ne m’attendais pas du tout. Elle m’a laissé une étincelle, ce frisson qui fait que je me souviendrai longtemps de cette histoire. Comme le mythe de Faust ou certains contes qui commencent dans la légèreté et se terminent dans l’émotion. Ce glissement subtil de la comédie vers le drame est bien trouvé.
Pour ainsi dire, Autant en emporte le temps est un roman tendre, drôle, émouvant, et profondément humain. Parfait pour terminer la période estivale en beauté. Victoire sur le temps, moi, je recommande.
Quelques citations
Je veux exister, croquer la vie à pleines dents, depuis que j’y ai repris goût. Tout ça a un coût !
— N’ayez pas peur, lui dis-je alors, tout sourire. — Peur de quoi ? — De ma vieillesse, elle n’est pas contagieuse ! Mais soyez prudent quand même, car elle vous surprendra sûrement un jour sans avertissement ! Vous verrez, c’est inévitable !
J’aime tellement ces moments avec elles, nos fous rires, j’aime tellement ma vie. Tout n’est plus que légèreté, insouciance. Un avantage de l’âge. Plus rien à prouver, plus rien à perdre, simplement savourer et profiter de chaque seconde. Ça n’a pas toujours été comme ça. Plus jeune, j’étais quelqu’un de réservé, craignant constamment ce que l’on pourrait penser de moi.
J’ai pris l’habitude, à force de vivre seule, de parler aux choses qui m’entourent. Mais je me dis que, tant que je ne les entends pas me répondre, tout va bien.
Dans cette société où seule l’apparence compte, cette crème de jouvence est le trésor que tous s’arracheront…mais je le sais aussi, c’est diabolique et dangereux…Peut-être la pire chose que l’humanité pourrait connaître ! En générant la jeunesse éternelle, j’ai peut-être en fait créé la fin du monde ! Je vous l’ai dit auparavant, j’ai un côté romanesque et un penchant pour le mélodrame !
Moi non plus, je ne suis pas très heureuse de vieillir, mais pas besoin d’en vouloir à la terre entière ! Alors ouh ! qu’est-ce que ça fait du bien de l’avoir mouchée un peu celle-là ! C’est comme si, avec ce corps , je retrouvais aussi l’insouciance de mes vingt ans. Et légèrement l’insolence, me direz-vous !
Pour la première fois depuis son arrivée à Paris, elle avait accepté d’aller boire un verre avec ses collègues après le travail. C’était la toute première fois qu’elle s’accordait un peu de légèreté, et, comme lorsqu’on prend un carré de chocolat, c’est l’envie de la tablette tout entière que cela fit naître.
Me remémorer le bon vieux temps me donne le sourire. Les souvenirs sont désormais trop anciens pour être douloureux, j’ai choisi de n’en garder que la douceur. Comme les photos qui jaunissent, le temps met un voile sur les douleurs du passé, pour n’en laisser paraître que les contours .
La joie se partage, se multiplie, seule, elle s’éteint très vite.
— Tu as rencontré quelqu’un et tu ne nous en parles pas ? — Euh, mais ce n’est pas du tout ce que vous croyez…— Alors, explique ! Décidément, mon imagination et ma repartie sont mises à rude épreuve en ce moment. Je déteste tromper, mais depuis peu, j’ai la sensation de ne faire plus que ça ! Je mens à tout le monde, mais aussi et surtout à moi-même… Cette crème est dangereuse !
On a beau rejeter l’exemple de nos parents, parfois, cela nous colle à la peau. Modèle à suivre ou à fuir, une référence dont il est difficile de se défaire.
Il y a une certaine tragédie à vouloir fuir le temps à tout prix. À chercher à effacer les marques qu’il laisse sur nous. Ces marques sont pourtant le témoignage de tout ce que nous avons traversé, de tout ce que nous avons vécu. Elles sont la preuve que nous avons aimé, souffert, ri, pleuré. Que nous avons vécu, tout simplement.
Elle savait que les regrets naissaient de ces moments perdus, de ces promesses qu’on ne tient pas . Et si elle continuait ainsi, ils finiraient par l’engloutir, comme ils l’avaient fait avec sa mère.
La culpabilité s’est évaporée. Je suis Victoire à plein temps, et cela me réussit plutôt bien. Mes remords ont laissé place à une jeunesse retrouvée, et j’en savoure chaque instant. Enfin… pas trop quand même. Il faut que je vous raconte.
Laure Iniz in Autant en emporte le temps, Librinova, 2025

Quatrième de couverture
À 80 ans, Violette a rangé ses rêves et ses espoirs dans les tiroirs du passé. Jusqu’à ce matin où tout bascule. Confrontée à un étrange bouleversement, elle se retrouve face à un dilemme vertigineux : et si la vie lui offrait une nouvelle jeunesse ?
Un roman qui mêle humour, tendresse et réflexion sur le temps qui passe, les choix qui nous façonnent et les secondes chances qu’il faut savoir saisir… Mais faut-il se fier aux apparences ?
Source image & résumé
Autant en emporte le temps – Laure Iniz : Lien
Et mon avis en bref
Dans Autant en emporte le temps de Laure Iniz, on suit Violette, une mamie de 80 ans pétillante et influenceuse sur Instagram, qui découvre une crème magique capable de la rajeunir pendant 24 heures. Entre comédie guillerette et drame inattendu, le roman explore les regrets, le temps qui passe, les instants chéris, et laisse une étincelle durable grâce à une construction originale et une fin bouleversante. Je recommande.
Ma note : 5/5
#AutantEnEmporteLeTemps#NetGalleyFrance
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