Premières lignes #56

Explorer

Une drôle de peine

Justine Lévy

Stock – 2025

Maman n’aime pas être allongée toute raide, comme ça, sous le ciel bas de cette grosse boîte marron (elle déteste le marron). Comment elle a pu se laisser enfermer là-dedans ? si seule ? si jeune ? Laideur des croque-morts, monstruosité des grosses fleurs, c’est moche ici, elle doit se dire, ce marron, ce noir, le noir et le marron de ce cercueil tout en angles. Et son visage, pourquoi on a modifié son visage ? On l’a mis en désordre, on a posé une deuxième bouche sur sa bouche, un demi-cercle figé, affreux, à l’envers, un visage de farces et attrapes, le clown le plus triste de tous les cirques. Mourir d’accord, mais ce maquillage atroce, non, pas possible, si c’est une blague elle n’est pas drôle. Ou alors c’est pour la fête ? en l’honneur de son arrivée au Ciel ? peut-être faut-il être déguisé, sinon on ne vous laisse pas entrer. Vous avez votre carton d’invitation madame ? le + 1 de qui ? ah non je regrette, cela ne va pas être possible, c’est une soirée de gala, et on ne fume pas dans l’établissement. Maman revient. C’était une erreur, je le savais. Elle tambourine contre le plafond vissé. Mais personne n’entend. En tout cas pas le gardien débile de ce cimetière pour happy few, qui ne s’intéresse qu’à Dalida, Berlioz, Oscar Wilde. Ni les amis trop occupés à pleurer ou à faire semblant de pleurer. Alors je m’évanouis. Quand je me réveille c’est trop tard, le cercueil est dans la tombe. Mais mon enquête commence. Je suis sûre que maman s’est échappée, les mères reviennent toujours.

Justine Lévy in Une drôle de peine, Stock, 2025.



Quelques mots suffisent à ressentir que ce roman parle de la relation mère-fille, ou plus précisément, de la perte de la mère. Et moi, j’ai une tendresse particulière pour les récits qui osent explorer ces sujets sans détour, avec ou sans tact comme c’est souvent le cas dans la vraie vie.

Dès les premières lignes, dans un style brut et désarmant, la narratrice parle de sa mère disparue. De sa peine. Une drôle de peine, justement. En tous cas, une peine qui ne ressemble pas aux autres, qui ne se range pas dans les cases habituelles du chagrin.

Ce roman, je ne l’ai pas encore commencé, mais j’ai hâte. Et hop dans ma PAL ✨

Et vous, vous l’avez déjà lu ? Est-ce que ces premières lignes vous donnent envie de lire la suite? Dites-moi en commentaires 😉

Dans tous les cas, je vous souhaite un bon dimanche!

2 réponses à « Premières lignes #56 »

  1. Avatar de à la page des livres

    Je prends le titre pour mon mari qui aime particulièrement ces récit et cette auteure.

    Aimé par 1 personne

    1. Avatar de Aïkà Valisoa

      Hello 🌞 C’est adorable : j’espère que ce roman plaira à ton mari autant que les précédents ! Pour ma part, c’est une première rencontre avec cette auteure, et je suis curieuse de découvrir son univers ✨ Merci pour ton passage et ton petit mot ma chère 😉

      Aimé par 1 personne

Et vous, qu’en pensez-vous ? Dites moi tout en commentaires !

Et si… nous restions en contact ?

Mon profil sur Babelio.com