Le harcèlement sexuel n’est pas de la drague lourde ou de la séduction. La personne qui harcèle ne cherche pas à séduire ou à plaire. C’est avant tout la manifestation d’un rapport de pouvoir et de domination.
Géraldine Grenet in Les Combattantes : Une histoire des violences sexistes et sexuelles, Delcourt, 2025.
À travers une enquête personnelle et collective, Géraldine Grenet retrace les origines historiques des violences sexistes, leur reconnaissance juridique tardive, et les luttes féministes qui ont permis de les visibiliser. Chaque espace de vie est abordé sans détour : famille, couple, enfance, travail, rue. Le propos est clair, rigoureux, et porté par une volonté pédagogique forte.
Ce qui frappe, c’est la capacité de l’album à articuler les dimensions sociales, politiques et sanitaires de ces violences. Les conséquences sur la santé mentale et physique sont abordées avec justesse, tout comme les limites du système judiciaire et les réponses institutionnelles souvent insuffisantes. On y découvre aussi les formes de résistance – autodéfense, sororité, entraide – qui permettent aux victimes de reprendre du pouvoir. Le lecteur·ice accompagne Géraldine dans sa quête de sens, sa recherche de données actualisées, et ses rencontres avec celles et ceux qui refusent de baisser les bras.
Graphiquement, l’album est une belle surprise. La couverture bichrome laissait présager une esthétique austère, mais chaque planche est soigneusement colorée, avec des traits doux, réalistes, voir “jolis” – sans jamais édulcorer le propos. Ce contraste entre la gravité du sujet et la délicatesse du dessin crée une tension féconde : la beauté rend le contenu accessible, sans le rendre moins percutant. C’est un choix artistique fort, qui participe à la puissance du message.
Les Combattantes est une BD engagée qui éclaire, documente et mobilise. C’est un outil précieux pour s’actualiser sur les avancées de la recherche et de l’histoire des violences sexistes et sexuelles. Il rend hommage à celles et ceux qui luttent au quotidien, dans les associations, les tribunaux, les familles, les rues. Cette histoire-là continue de s’écrire, mais à quand une vraie paix dans nos mœurs et dans notre civilisation ? En attendant, lire, comprendre, transmettre – c’est déjà résister. Comprendre les violences sexistes pour mieux agir, moi, je recommande.
Quelques citations
Il y a aussi cette idée que les violences ne se limitent pas au sujet « femme » mais incluent aussi d’autres minorités de genre.
L’expression « violences conjugales » était largement utilisée par le passé… mais aujourd’hui on parle plutôt de « violences au sein des couples » ou de « violences faites par un partenaire intime », les victimes n’étant pas forcément mariées.
Dans les années 70, des femmes investissent les sciences humaines et sociales, notamment l’anthropologie, pour changer les discours androcentrés, c’est-à-dire du point de vue des hommes. L’éradication des femmes de l’histoire de l’humanité est politique !
Dans l’idéologie de Marx, l’ouvrier travaille pour un salaire de misère. Dans l’approche matérialiste, le travail reproductif et domestique des femmes n’est pas rémunéré… et c’est ce travail gratuit qui est au fondement de l’oppression des femmes. La domination passe aussi par le contrôle des outils et des armes.
La question raciale a souvent était négligé dans le mouvement féministe. Imprégner d’eurocentrisme, il a pensé la division sexuelle du travail sont toujours articuler avec la dimension raciale. Or pour les femmes les plus opprimées et exploités l’oppression passe d’abord par la race.
« Cette femme a des troubles psychiques. » « Non, elle souffre d’un traumatisme complexe dû à des violences conjugales induite par un contexte de société patriarcale globalement violente. »
Plutôt que « pourquoi elle ne part pas » – il faudrait se demander : « Pourquoi (et comment) il l’empêche de partir? »
Le harcèlement sexuel n’est pas de la drague lourde ou de la séduction. La personne qui harcèle ne cherche pas à séduire ou à plaire. C’est avant tout la manifestation d’un rapport de pouvoir et de domination.
Les violences ont un coût psychologique pour les personnes qui les prennent en charge comme pour celles qui les vivent. Face à une situation difficile, soit on se protège en évitant trop d’empathie, soit on se laisse submerger. Trouver l’équilibre n’est pas forcément simple.
Géraldine Grenet in Les Combattantes : Une histoire des violences sexistes et sexuelles, Delcourt, 2025.

Quatrième de couverture
Malgré des avancées majeures, les violences faites aux femmes persistent. Les Combattantes permet d’aborder la question des violences sexistes et sexuelles de manière pédagogique par le biais d’une vaste étude socio-historique.
Inscrire les violences sexistes et sexuelles dans un contexte social, pour en comprendre les mécanismes et les dimensions politiques et juridiques, tel est le but de cet ouvrage. Il s’agit aussi de rendre hommage aux mouvements féministes d’hier et d’aujourd’hui, aux acteurs et actrices de terrain qui s’engagent au quotidien, aux femmes, qui malgré les nombreux obstacles posés sur leur chemin, tentent de s’en sortir.
Source image & résumé : Lien
Et mon avis en bref
Les Combattantes est un album graphique engagé qui retrace l’histoire des violences sexistes et sexuelles à travers une approche historique, sociale et politique, tout en mettant en lumière les luttes féministes et les formes de résistance. Porté par une esthétique douce et réaliste, il constitue un outil précieux pour comprendre, transmettre et actualiser les enjeux contemporains liés à ces violences.
Ma note : 5/5
#LesCombattantes#NetGalleyFrance
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