Où vont les fils ?
Olivier Frébourg
Folio – 2023
« Fais des choses avec les enfants », m’avait-elle dit. Jamais une phrase ne m’avait paru aussi incongrue. C’était comme si elle me demandait d’assister à un spectacle de rue. Me divertir, jouer, sortir, alors que la mort me regardait avec une légère ironie. Le paysage ressemblait à un film futuriste où une ville plongerait en quelques minutes à l’ère glaciaire. Si c’était l’hiver, ce serait au moins blanc, lumineux, coupant. Mais non c’est l’automne, la longue décomposition. Un supplice chinois. La boue. La pluie. Quelque chose de la guerre des tranchées. Les feuilles recouvrent le haut du chemin. Un paysage de l’est alors que nous avions choisi de vivre à l’ouest. Ce cap du bonheur, des causes perdues, des couchers de soleil. Le plein automne gangrène mon corps. Ce chemin pourtant fut celui de l’été par lequel les enfants dévalaient vers la plage en criant de joie. Ce chemin avait un petit grain de folie : d’un coup il quittait la campagne, les champs à vaches pour se précipiter vers la mer qui nous attendait dans son royaume. Et juste avant la descente, se trouvait le petit banc de pierre qu’on voyait à peine, au pied d’une haie vive. Ce banc de pierre sur lequel s’asseyait l’enfance. Maintenant sur le chemin, les feuilles sont un tas de fumier ruisselant.
Olivier Frébourg in Où vont les fils ?, Mercure de France, 2019.

Quatrième de couverture
« Je passe mon temps à faire des courses, à courir. C’est la roue du temps et aussi le supplice de la roue. Je passe mon temps à rouler, à conduire un fils au foot, l’autre au tennis. Grandes surfaces et petites vies. Vie express. Mariage et divorce express : bientôt il y aura un codebarres sur les livrets de famille. »
La vie d’un homme bascule lorsqu’un beau jour, sans préavis, sa femme le quitte et demande le divorce. Abasourdi de chagrin, il doit pourtant faire face devant ses trois fils et assumer, désormais seul, les tâches du quotidien : raconter des histoires, donner le bain, consoler.
Avec une grande pudeur et beaucoup de sincérité, Olivier Frébourg raconte le désarroi engendré par une rupture et questionne le sens de la famille. Que transmet-on à ses enfants dans un monde en perte de repères ?
Source image & résumé : Lien
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Où vont les fils ? d’Olivier Frébourg m’a interpellée dès la première lecture du résumé. Ce n’est pas tant le nom de l’auteur ou la couverture qui m’ont attirée, mais cette voix intérieure, ce monologue d’un homme débordé, désorienté, qui court sans cesse — entre les rayons des grandes surfaces et les terrains de foot, entre les fils et les fils du quotidien.
« Je passe mon temps à faire des courses, à courir. C’est la roue du temps et aussi le supplice de la roue. » Cette phrase m’a arrêtée net. Elle dit tout : la fatigue moderne, la parentalité en mode survie, le vertige de la séparation. Bien que n’étant pas dans la même situation que le narrateur, elle m’a parlé, inspiré… Et hop dans ma PAL ✨
Et vous, vous l’avez déjà lu ? Est-ce que ces premières lignes vous donnent envie de lire la suite? Dites-moi en commentaires 😉
Dans tous les cas, je vous souhaite un bon dimanche!

Et vous, qu’en pensez-vous ? Dites moi tout en commentaires !