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Aujourd’hui nous allons parler de l’autobiographie de Panayotis Pascot intitulée La prochaine fois que tu mordras la poussière, paru en août 2023 aux éditions Stock, 240 pages.
Ce roman a été finaliste au Prix Première plume 2023.
Synopsis
« Ce livre me fait peur. Le processus a été douloureux. Mon père nous a annoncé qu’il n’allait pas tarder à mourir et je me suis mis à écrire. Trois années au peigne fin, mes relations, mes pensées paranoïaques, mon rapport étrange à lui, crachés sur le papier. Je me suis donné pour but de le tuer avant qu’il ne meure. C’est l’histoire de quelqu’un qui cherche à tuer. Soi, ou le père, finalement ça revient au même. »
Panayotis Pascot s’attaque d’une plume tranchante et moderne à trois thématiques qu’il tisse pour composer un récit autofictionnel aussi acide qu’ultralucide. La relation au père, l’acceptation de son homosexualité et la dépression s’enchevêtrent ici dans un violent passage à l’âge adulte. Mais la lumière en sort toujours, d’un regard, d’une façon d’observer le quotidien avec autant de tendresse et d’humour que de clairvoyance.
LE SAVIEZ VOUS ? Panayotis Pascot né en 1998 à Saint-Étienne, fils de l’écrivain et homme politique français Philippe Pascot, est un chroniqueur, humoriste et acteur français. Il a commencé sa carrière sur le réseau Vine, où il faisait des vidéos humoristiques de six secondes. Il a ensuite rejoint l’équipe du Petit Journal sur Canal+ en 2015, puis celle de Quotidien sur TMC en 2016, où il réalisait des micro-trottoirs décalés. Il a quitté la télévision en 2017 pour se consacrer au cinéma, au théâtre et à l’écriture.
Du rire aux larmes: la vie secrète de l’humoriste
Voici le récit autobiographique de Panayotis Pascot, comédien et humoriste aussi connu pour avoir été chroniqueur dans Le Quotidien sur TMC.
Dans un langage résolument terre-à-terre, il raconte comment il a essayé de se libérer de l’emprise de son père mourant, qui a été à la fois un modèle et une source de frustration pour lui.
Il évoque aussi son parcours pour assumer son homosexualité, ses expériences amoureuses, ses doutes et ses peurs. Comme on grave le bois avec un canif, il décrit son mal-être, ses pensées paranoïaques, sa difficulté à trouver sa place dans le monde et à se projeter dans l’avenir.
Pour ma part,
Panayotis Pascot, plaisant et charismatique à la télé ou sur scène: on connait.
Panayotis Pascot, créatif et bosseur dans les coulisses: on reconnait.
Mais ici, Panayotis nous réserve une impression inhabituelle, voir inédite.
L’artiste de l’humour met bas les masques et se libère en révélant au grand jour les plus sombres épisodes de sa prometteuse existence: sa dépression, son coming-out et la relation avec son père.
L’œuf ou la poule, lequel est apparu en premier? La dépression est une maladie aux origines pernicieuses et vagues mais peut-être un début de réponse: une infinité de non-dits, de sous-entendus, une admiration sans borne et une terreur caverneuse de décevoir le modèle paternel.
C’est parce qu’il craint le jugement de son père que Panayotis n’ose pas s’avouer gay. Ce déni l’enferme et l’entraine, de fil en aiguille, dans la spirale infernale de la dépression.
Un jour, heureusement bien entouré et après maintes anecdotes existentielles, Panayotis reçoit in fine le bon traitement. Et tout rentre dans l’ordre: il s’autorise enfin le bonheur avec son compagnon et se libère de la colère qu’il ressent envers son père. La boucle est bouclée.
Avec une plume immersive, des réflexions brusques et en cascade, tantôt lucides, tantôt névrosées, l’artiste se laisse aller complètement et nous embarque dans les méandres d’un mal qui n’est malheureusement pas inconnu de tous: la dépression. Pas la déprime passagère mais la dépression sournoise et dévastatrice.
Aujourd’hui guéri et en paix avec lui-même et son entourage, c’est avec tendresse et gravité que l’artiste revient en force et nous livre cette autobiographie qui est un portrait sans concession de lui-même, de ses amours et de sa famille.
Quelques citations
La note De Lire Délire
+ À lire pour découvrir le vrai Panayotis Pascot: sincère, éprouvé mais libéré. Et pour témoigner objectivement d’un cas de; je cite; « dépression mélancolique », « rumination morbide » et « mentisme obsédant ».
– S’abstenir si vous n’avez pas la patience de décrypter ce qui se trame derrière le style diariste, égocentrique et défiant.


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