Une Parisienne entre deux mondes

1972, dans une capitale surabondante et grouillante de monde, ressemblant à s’y méprendre à Paris.

Béatrice est une souriante et discrète vendeuse de gants et de maroquinerie à La Brouette, une grande galerie de luxe. Timide et rêveuse aussi, son quotidien solitaire, certainement à l’origine de l’expression toute faite « métro -boulot- dodo » est un long fleuve monotone, quasi interminable. 

Depuis quelques temps, sur le chemin du retour, elle aperçoit abandonné dans un coin à la sortie du métro, ce mystérieux sac rouge. Qu’à cela ne tienne, ce soir-là , elle décide de l’emporter avec elle.

À l’intérieur, elle découvre un album photos magique qui va la transporter dans les années 1930, à la rencontre d’un couple dont elle va s’identifier à la femme. Béatrice va alors vivre une aventure onirique et nostalgique, à travers les rues, les boutiques et les lieux de divertissement de l’époque. La vie de rêve enfin … à quel prix? Le mythe de Faust peut (re)commencer.

J’ai découvert cet album après avoir été surprise par le somptueux Nettoyage à sec. Autrement dit, l’œuvre de Joris Mertens m’est parvenue dans l’ordre antéchronologique.

Malgré ce couac de mon fait, j’ai reconnu la patte de l’auteur dès le début : son style graphique aux dessins élégants, foisonnants et esquissés avec des couleurs tantôt contrastées, tantôt monochromes à l’exception du rouge cramoisi qui ressort comme un élément clé du récit. 

Très influencé par son expérience dans le cinéma et la télévision, l’auteur joue aussi sur les échelles de plans, les pleines pages et les zooms pour créer une narration visuelle dynamique et expressive. 

Béatrice est une jeune femme qui s’ennuie dans sa vie monotone et qui se laisse séduire par un album de photos qui lui raconte une autre histoire, plus romantique et passionnante. En s’identifiant à la femme de l’album, elle bascule dans un monde imaginaire où elle revit les moments du couple, mais elle perd aussi le contact avec la réalité à s’oublier elle même, ce, au sens propre comme au figuré.

Le message de Béatrice de Joris Mertens peut être vu comme une réflexion sur le pouvoir des images et la tentation de vivre par procuration, de fuir le présent pour se réfugier dans le passé ( clin d’œil à nos rapports envers les réseaux sociaux, mais ça, c’est une autre histoire ).

Magistral, grandiose, comme à l’accoutumée avec Joris Mertens. 

Aperçu :

Ma note : 5 sur 5

Le bon point : À lire et à relire tout simplement pour le plaisir d’être en contact avec un chef-d’œuvre.

P.S: Notez l’absence de phylactères ; détail que j’ai failli oublier de vous dire : l’album est entièrement muet et cela fait partie de son charme.

6 réponses à « Une Parisienne entre deux mondes »

  1. Avatar de Julie chronique
    Julie chronique

    Coucou, merci pour ce chouette retour ! Je me le note. Belle journée.

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    1. Avatar de Aïkà De Lire Délire

      Hello Julie 🌞 Merci à toi aussi 😉

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  2. Avatar de Aïkà De Lire Délire

    Hello Light 🌞 Oui, il s’agit du mythe de Faust revisité, dans des cas comme ça, les classiques demeurent des valeurs sûres 😀

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  3. Avatar de Aïkà De Lire Délire

    Hello Light 🌞 Oui, il s’agit du mythe de Faust revisité, dans des cas comme ça, les classiques demeurent des valeurs sûres 😀

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  4. Avatar de Light And Smell

    Je note appréciant beaucoup le point de départ et le message reste intéressant même si déjà vu 🙂

    Aimé par 1 personne

  5. Avatar de aurelalala

    Intéressant concept. Je ne pense pas en faire la découverte mais comme tu as éveillé ma curiosité, on ne sait jamais puisque je suis assez spontanée et téméraire quand il s’agit de me procurer des livres. 🤣

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