Aujourd’hui nous allons parler du livre intitulé Au secours, j’ai 40 ans ! (depuis 4ans) de Gaëlle Renard de paru en avril 2017 aux éditions Charleston, 256pages.
Synopsis
On dit que 40 ans, c’est le nouveau 30. Certes, mais c’est quoi avoir 40 ans pour une femme aujourd’hui ? Un livre désopilant sur vous, les jeunes quarantenaires, mais aussi un peu sur vos hommes (l’ancien et le nouveau), votre bellemère (ou ex), vos copines qui s’appellent toutes Véronique ou Virginie… Sans oublier vos enfants qui grandissent, votre banquier, votre cher patron, votre panier à provisions, votre miroir, votre estime de vous-même, votre crème de jour… Et la question qui taraude l’héroïne : et si je faisais un dernier bébé pour la route ?
Au secours, j’ai 40ans ! (depuis 4ans), Gaëlle Renard, Charleston, 2017
LE SAVIEZ-VOUS ? Dans Le Deuxième Sexe, Simone de Beauvoir examine la condition des femmes de quarante ans, soulignant les défis uniques qu’elles rencontrent à cet âge charnière. Elle décrit comment la société patriarcale impose des attentes et des pressions spécifiques, souvent marginalisant les femmes en raison de leur âge. De Beauvoir met en avant la capacité des femmes à se réinventer et à résister à ces stéréotypes, en affirmant leur autonomie et leur humanité. Son approche féministe et humaniste vise à libérer les femmes des contraintes sociales et à promouvoir l’égalité, en insistant sur le fait que la féminité est une construction sociale plutôt qu’une donnée biologique.
Tribulations d’une quadragénaire « quarantenaire » !
C’est officiel, Véronique Colier a 40 ans. Depuis quatre ans, elle se prépare à franchir ce cap symbolique. Car oui, dans la vie d’une maman solo, avoir 40 ans est un moment clé.
C’est avec humour et légèreté que nous entrons dans le journal intime de cette femme dans la fleur de l’âge, à travers Au secours, j’ai 40 ans ! (depuis 4ans) de Gaëlle Renard.
Le style de l’auteure est résolument détendu et familier, ce qui rend la lecture accessible. Dans cette autofiction, on retrouve un style diariste très détaillé, ponctué de dates, de listes, et même de ratures, ce qui confère une authenticité touchante au récit.
On suit ainsi la vie de Véronique, une comédienne quadragénaire, mère divorcée, qui après une période de doute et de remise en question, parvient à se reconstruire avec le soutien de « son troubadour », l’homme de sa vie.
En chemin, nous découvrons également les membres de sa famille et ses copines, et partageons ses réflexions sur des sujets aussi variés que la santé, les parents vieillissants, ou encore la réconciliation avec le calme et l’organisation.
Ce qui m’a plu dans ce récit, c’est le ton humoristique et décomplexé avec l’utilisation intempestive de néologismes et de mots valises circonstanciels. L’auteure aborde les petits et grands tracas de la quarantaine avec une légèreté qui fait du bien.
Cependant, malgré le titre accrocheur, je dois admettre que cette lecture ne m’a pas pleinement satisfaite. Quitte à faire de l’autofiction, je m’attendais à trouver des réponses plus universelles, une réflexion plus approfondie sur le développement personnel ou l’existence, quelque chose qui parlerait à toutes les femmes de 40 ans, indépendamment de leur situation personnelle. Je m’attendais sûrement à y retrouver une influence, même légère, du livre de Simone de Beauvoir Le Deuxième Sexe.
Bien que j’eusse (oui oui j’eusse) passé un bon moment en découvrant les mésaventures de Véronique, j’aurais aimé que le livre offre un message plus inclusif et plus profond : l’idée que la famille soit la seule valeur sûre à cet âge est très intéressante, mais discutable.
De mon point de vue, une femme de 40ans peut aussi s’épanouir à travers d’autres voies, que ce soit dans sa carrière, ses passions, ou encore ses engagements.
Bref, un peu déçue du fond et de la forme mais j’ai rigolé quand même.
Quelques citations 🤫
« Mes 40 ans à moi ne seront pas gravés dans la pierre, juste griffonnés sur des cahiers, des bouts de nappe, et des carnets. J’y mets pêle-mêle et tête-bêche mes rires et mes rides (pardon mes ridules d’expression), ma dérision et mon indécision, ma nostalgie et mon euphorie, mes matins chiffonnés et mes jours lumineux. »
« C’est le harem qui se rebiffe. Je souris à mes amies.
Y’a pas à dire, plus je vieillis, plus je nous trouve drôles et jolies. »
« Madame… J’ai remarqué que dans ce mot, plus on vieillissait, plus les voyelles paraissaient s’écraser.
Madame…
Mâdâme…
Médème…
Et puis bientôt : Mémé. Ben Mémé, elle t’emmerde !! «
« << T’es dans ta bulle… » continue Maman, en me souriant.
C’est vrai que je suis étrangement légère. Je flotte, je rebondis doucement, des lumières colorées me caressent, mon cocon les reflète. Bref, je suis heureuse et profondément amoureuse. À 41 ans, j’ai enfin 16 ans. »
« C’EST BEAU UNE FEMME À 40 ANS, SA VIE SE VIT COMME UN ROMAN PAS UNE RIDE SUR LE CŒUR, TOUJOURS AMOUREUSE DU BONHEUR_ Herbert Léonard »
« En fait, on ne peut pas dire qu’elle ait vraiment changé, c’est la même, version 40.0. Et là, je me demande : Qu’a-t-elle pensé de moi ? Qu’a-t-elle raconté à son politicien décravaté, le soir même, au dîner ? « Dis donc, chéri, j’ai croisé une amie de jeunesse aujourd’hui. Je ne l’aurais jamais reconnue si elle n’avait pas été habillée comme une ado attardée. Tu sais, je me demande si elle n’est pas devenue socialiste… » »
« Quadragénaires, nous voilà donc quadragénaires, Alexandra, le dentiste et moi… C’est drôlement moche comme mot, quadragénaire… C’est trapu, ça fait couac, ça sent les cors aux pieds, les jambes lourdes, l’Alka-Selzer. Non, franchement, quadragénaire ne correspond plus à la réalité d’aujourd’hui. Quarantenaire serait plus joli. Quarantenaire est un beau mot bien horizontal, un mot qui claque, qui a du peps. (Note à moi-même : penser à proposer « quarantenaire » à l’Académie.)
Quadragénaires… Beurk. »
« L’année dernière, maman m’a enfin montré une photo de « рара », comme ça, au restaurant, sans raison. Peut-être juste parce que maintenant qu’j’ai dépassé les 40 ans, elle pense que je suis une vraie femme, et plus une grande enfant. J’ai remarqué ça, qu’à 40 ans, nous, les femmes, on écope de tous les secrets de famille, ceux qui nous concernent comme les autres ! Débrouille-toi avec ça, ma chérie ! »
« Mais non, j’ai une mère nébuleuse, vaporeuse, éthérée. Elle cause pas, elle distille, elle parcimonise, elle amphigourise. C’est comme avec les recettes de cuisine… Quand je lui demande:
Combien je mets de cuillères de farine dans la béchamel?
Elle me répond :
– Ben, tu vois…
Ok, et à quel moment j’arrête te touiller ?
Ben, tu sens…
Aucun complément de temps ou de durée, ma mère ne sait pas circonstancier. »
« …La ménopause, non vraiment, je ne trouve pas ça très réjouissant. Surtout que cela n’a de pause que le nom, vu que c’est quand même vachement définitif comme processus. Parce que non, j’ai vérifié, il n’y a pas de bouton ménoplay. »
« Je voudrais les retenir, tous ces petits riens que mes grands bébés laissent encore échapper, ces adorables bulles de savon qui donnent de la poésie à ma vie. Un jour, bientôt, l’adolescence va me les crever, ces bulles irisées, à grands coups de LOL et de Biactol. »
« POUR VOUS, UNE FEMME DE 40 ANS, C’EST QUOI ? »
Gaëlle Renard in Au secours, j’ai 40ans ! (depuis 4ans), Charleston, 2017
La note De Lire Délire
La phrase que je garde en souvenir :
« Quadragénaires, nous voilà donc quadragénaires, Alexandra, le dentiste et moi… C’est drôlement moche comme mot, quadragénaire… C’est trapu, ça fait couac, ça sent les cors aux pieds, les jambes lourdes, l’Alka-Selzer. Non, franchement, quadragénaire ne correspond plus à la réalité d’aujourd’hui. Quarantenaire serait plus joli. Quarantenaire est un beau mot bien horizontal, un mot qui claque, qui a du peps. (Note à moi-même : penser à proposer « quarantenaire » à l’Académie.)
Gaëlle Renard in Au secours, j’ai 40ans ! (depuis 4ans), Charleston, 2017
Quadragénaires… Beurk. »
Le bon point : Au secours, j’ai 40 ans ! (depuis 4ans ) de Gaëlle Renard est une lecture divertissante qui capture bien les tribulations d’une quadragénaire moderne.
Le moins bon point : Il ne faut pas s’attendre à une révélation, une réflexion profonde sur l’existence du type Le Deuxième sexe de Simone de Beauvoir; c’est un livre sympa, sans prétention, idéal pour passer un bon moment sans se prendre la tête. À lire si vous aimez les récits autofictifs et légers. Les premières lignes par ici.


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