Intro
Premières lignes est un rendez-vous littéraire créé par le blog Ma lecturothèque.
Et c’est simple comme bonjour : chaque dimanche, on présente un livre à travers ses premières lignes.
Pas de contrainte quant au choix : les thèmes sont libres et il n’est pas indispensable d’avoir déjà lu tout le livre pour en partager les premières lignes.
L’essentiel c’est de participer, l’occasion d’échanger un maximum de liens !
Abondance de Jakob Guanzon
$89.34
C’est un rose de fille. Une couleur trop festive pour le savon des toilettes pour hommes du McDo. C’est la mauvaise couleur, dans tous les cas, tout comme il y a huit ans jour pour jour. Michelle était certaine que le petit garçon qui attend à cet instant Henry de l’autre côté de la porte serait une fille. Tellement sûre d’elle qu’elle lui avait tendu un cigare à bague rose, juste avant de descendre péniblement du pick-up pour s’allonger sur le brancard.
Henry fait défiler dans sa tête un anti-inventaire long comme une ritournelle railleuse. La liste des absents pour cet anniversaire – ballons et banderoles, bougies et gâteau, une pile de cadeaux, un tas de copains, une mère – semble s’inscrire au fur et à mesure sur la surface du miroir tagué. Henry a claqué quatre litres d’essence pour venir dans ce McDonald’s précisément, trois villes à l’est de l’école primaire du garçon. Non seulement pour le Play Land mais parce qu’il n’y a pas d’arrêt de bus devant. Pas de code d’accès pour les toilettes. Il est à peu près correct, même si toute la misère qui passe ici a laissé quelques traces. Gravés sur le miroir rayé, des numéros de téléphone, des initiales, des nique ta mère. Pile au milieu, un message d’encouragement griffonné veut croire que ça va aller.
Jakob Guanzon in Abondance, La croisée, 2023
Quatrième de couverture
_ Traduction de l’anglais (États-Unis) par Charles Bonnot
« Tout ce qui comptait, c’était ce petit garçon. »
Henry et son fils Junior dorment dans leur pick-up et se lavent dans les toilettes des McDonald’s. Avant, Henry avait pourtant un toit au-dessus de sa tête, un boulot, une vie de famille et l’espoir des jours heureux. Mais l’Amérique ne pardonne pas. Henry a tout perdu et se bat pour son enfant. Demain, Henry a un entretien d’embauche. Il peut s’en sortir. Il doit s’en sortir.
Alternant souvenirs et présent tendu à l’extrême, Abondance est le roman de cette nouvelle Amérique sauvage, celle des laissés-pour-compte et de l’essence trop chère, où la vie ne tient qu’à quelques dollars. Avec Henry et Junior, Guanzon nous offre le déchirant chant d’amour d’un père pour son fils au cœur d’une famille philippino-américaine. Par sa prose évocatrice et la finesse de son regard, dans la lignée naturaliste de Douglas Stuart et David Joy, Jakob Guanzon fait une grande entrée en littérature.
Je n’ai pas encore lu ce roman où la précarité et la débrouille sont au cœur de l’histoire.
Le titre Abondance est une figure de style car le roman explore la vie dure d’un père célibataire et de son fils de huit ans, vivant dans un pick-up aux États-Unis. Ils luttent pour survivre au quotidien, confrontés à des questions cruciales telles que manger, dormir, se laver et rester en bonne santé. Les difficultés qu’ils rencontrent mettent en lumière les réalités de la pauvreté et de la vulnérabilité.
De plus, Jakob Guanzon est acclamé pour sa prose précise et émouvante. Dès les premières lignes, on peut déjà ressentir la force de son écriture.
Et hop dans ma wishlist ✨
Et vous, vous l’avez déjà lu ? Est-ce que ces premières lignes vous donnent envie de lire la suite? Dites-moi en commentaires 😉
Dans tous les cas, je vous souhaite un bon dimanche De Lire Délire !


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