La plupart s’étaient exilés à cause du manque de travail. D’autres fuyaient les gangs. D’autres encore tentaient de rejoindre leur famille aux États-Unis. Personne n’était là par choix. Ce périple, c’était leur dernier espoir . La lumière au bout du tunnel.
Ernesto Saade in Un espoir ordinaire, Steinkis, 2024
Elena, née et ayant grandi au Salvador, place tous ses espoirs en son fils unique Carlos, surnommé affectueusement “Carlito”. À 41 ans, elle rêve de lui offrir un avenir meilleur en lui permettant de poursuivre de grandes études. Pour cela, elle cumule deux emplois, de jour et de nuit et passe son unique jour de repos hebdomadaire à récupérer de sa fatigue. Cependant, la situation au Salvador devient de plus en plus insoutenable, et un jour, la décision s’impose : il faut quitter le pays.
Après quelques hésitations, Carlos décide d’accompagner sa mère dans ce périple semé d’embûches. Ils font appel à Gilberto, un “coyote” ou passeur, pour les aider à traverser le Guatemala et le Mexique pour atteindre la frontière des États-Unis. Le voyage coûte l’équivalent de dix mille dollars, une somme qu’Elena investit entièrement pour l’avenir de son fils. Malgré les promesses de Gilberto, le voyage s’avère imprévisible et dangereux; sur ce, je ne vous en dis pas plus, vous le découvrirez en lisant l’album.
Aujourd’hui, soit plus de dix ans plus tard, Carlos confie enfin toute cette histoire à son cousin Ernesto, bédéiste en visite aux États-Unis.
Je m’attendais à un récit de vie poignant, et ce fut le cas. L’histoire d’Elena et Carlos pourrait être celle de n’importe qui rêvant d’une vie meilleure. Un espoir ordinaire raconte avec justesse les raisons qui poussent à quitter son pays natal, tourné vers l’avenir, et tout ce que l’on abandonne, de la chaleur d’un pays tropical à une nouvelle vie aux États-Unis en passant par mille et une embûches. L’album montre avec pudeur les dangers qui jalonnent la route des migrants : le climat difficile, les reliefs inaccessibles, les risques sanitaires, les gangs, les trafics, les cartels, la police migratoire, et la peur constante de devoir retourner d’où l’on vient.
J’ai beaucoup apprécié le style graphique simple, net et réaliste d’Ernesto Saade : des traits expressifs et dynamiques, avec de belles couleurs contrastées. Les codes de la bande dessinée de vulgarisation sont respectés à merveille, rendant l’œuvre accessible à toutes et à tous.
Cette lecture m’a profondément touchée. C’est un point de vue essentiel pour comprendre le parcours des migrants du Salvador. J’aime beaucoup ce genre de récit et je le recommande chaleureusement.
Aperçu :
Ma note : 5 sur 5
Le bon point : L’histoire d’Elena et Carlos est probablement celle de nombreuses et nombreux migrant·e·s du Salvador. L’album Un espoir ordinaire illustre avec justesse et pudeur les motivations qui poussent quelqu’un à quitter son pays natal, en quête d’un avenir meilleur, et tout ce que l’on laisse derrière soi, de la chaleur d’un pays tropical à une nouvelle vie aux États-Unis. Je recommande chaleureusement.
LE SAVIEZ-VOUS ? Le Salvador est confronté à de graves problèmes de violence due aux gangs, à une pauvreté généralisée et à un manque d’opportunités économiques, ce qui pousse de nombreux habitants à chercher une vie meilleure ailleurs. La réunification familiale, notamment avec des proches vivant aux États-Unis, et l’espoir d’échapper à ces conditions difficiles sont des motivations majeures pour l’émigration. Chaque jour, des centaines de personnes quittent le pays, souvent au péril de leur vie, dans l’espoir de trouver sécurité et prospérité à l’étranger.

Lorsque Carlos avait dix-neuf ans, sa mère, Elena, a décidé de quitter le Salvador pour prendre un nouveau départ aux États-Unis. Réticent à l’idée la suivre, mais peu disposé à la laisser partir seule, Carlos va l’accompagner dans son voyage vers le nord. Au cours de leur périple à travers le Mexique et les États-Unis, ils font l’expérience des risques et des craintes auxquels d’innombrables personnes originaires de pays d’Amérique centrale sont confrontées lors de leur migration. Dix ans plus tard, Carlos partage ses souvenirs avec son cousin, le dessinateur Ernesto Saade. C’est l’histoire de milliers de personnes, l’histoire d’un pays… Celle d’un espoir ordinaire
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Littérairement vôtre,
Aïkà







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