Ami·e·s De Lire bonjour et bienvenue dans cette nouvelle chronique !
Au sommaire :
Intro
Premières lignes est un rendez-vous littéraire créé par le blog Ma lecturothèque.
Et c’est simple comme bonjour : chaque dimanche, on présente un livre à travers ses premières lignes.
Pas de contrainte quant au choix : les thèmes sont libres et il n’est pas indispensable d’avoir déjà lu tout le livre pour en partager les premières lignes.
L’essentiel c’est de participer, l’occasion d’échanger un maximum de liens !
Propre d’Alia Trabucco Zeran
Je m’appelle Estela, vous m’entendez ? Es-te-la Gar-cí-a.
Je ne sais pas si vous enregistrez, prenez des notes, s’il y a quelqu’un de l’autre côté en réalité, mais si vous m’entendez, si vous êtes là, je vous propose un marché : je vais vous raconter une histoire et à la fin, quand je n’aurai plus rien à dire, vous me laisserez sortir d’ici.
Allô ? Personne ?
Je considère votre silence comme un oui.
Cette histoire a plusieurs débuts. C’est même ce qui la constitue, j’oserais affirmer. Mais dites-moi, vous, ce qu’est un début. Expliquez-moi, par exemple, si la nuit arrive avant ou après le jour, si on se réveille après avoir dormi ou si on dort parce qu’on a trop veillé. Mieux encore, pour ne pas tourner autour du pot, je ne voudrais pas vous agacer : où commence un arbre d’après vous ? Avec la graine ou avec le fruit qui contenait celle-ci ? Avec la branche sur laquelle a germé la fleur qui s’est transformée en fruit ? Avec la fleur elle-même ? Vous me suivez ? Rien n’est aussi simple qu’il y paraît.
C’est pareil avec les causes, qui sont aussi confuses que les débuts. Les causes de ma soif, de ma faim. De cet enfermement. Une cause en entraîne une autre, une carte s’écroule sur la suivante. La seule certitude, c’est le dénouement : à la fin, tout est par terre. Et le dénouement de cette histoire, vous voulez vraiment le connaître ?
La fillette meurt.
Allô ? Aucune réaction ?
Je vais le redire alors, au cas où une mouche serait venue bourdonner à vos oreilles, ou qu’une idée plus perçante, plus stridente que ma voix vous ait distraits :
La fillette meurt.
Vous avez entendu cette fois ? La fillette meurt et elle reste morte, quel que soit le début.
Mais la mort non plus n’est pas aussi simple, là-dessus en revanche on est sûrement d’accord.
Alia Trabucco Zeran in Propre, Robert Laffont, 2024
Quatrième de couverture
Sélection Prix Femina étranger *** Sélection Prix Médicis étranger *** Sélection Grand Prix des Lectrices ELLE
Le monologue d’une domestique qui retrace, dans un récit lucide, impitoyable et brutal, les étapes menant au drame qui fera s’effondrer le décor d’une vie « propre ».
« Je m’appelle Estela, vous m’entendez ? Es-te-la Gar-cí-a. »
La fillette meurt. Voici le fait par lequel Estela commence son récit. Estela, qui a quitté sa famille dans le sud du Chili pour la capitale où elle travaille comme employée de maison. Estela, qui s’est occupée pendant sept ans de la jeune victime, l’a bercée, nourrie, rassurée, grondée aussi. Qui connaît chaque étape ayant mené au drame : la chienne, les rats, les aveux, le poison, le pistolet. Chaque étape jusqu’à l’inéluctable.
Un roman psychologique haletant, angoissant et addictif, à travers lequel notre époque se dessine – une société fracturée par les rapports de domination et d’argent, où les uns vivent dans l’ombre des autres.
Propre d’Alia Trabucco Zeran est un thriller qui nous introduit dans le monde d’Estela, une employée de maison au Chili.
À travers un monologue débridé, sans équivoque, elle dénonce les événements qui ont menés à la tragédie familiale qui a frappé ses employeurs, dévoilant les tensions larvées et surtout la fracture sociale.
Une réflexion sur la domination et les inégalités sociales à travers une perspective terre-à-terre, ma foi c’est du Propre ! Et hop dans ma wishlist ✨
Et vous, vous l’avez déjà lu ? Est-ce que ces premières lignes vous donnent envie de lire la suite? Dites-moi en commentaires 😉
Dans tous les cas, je vous souhaite un bon dimanche De Lire Délire !
Littérairement vôtre,
Aïkà


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