« C’est quoi le mieux, avoir des règles et les suivre, ou chasser et tuer?
Aimée De Jongh in Sa Majesté des mouches D’après William Golding, Dargaud, 2024
C’est quoi le mieux, l’ordre et le salut, ou la chasse et le chaos ? »
Des enfants seuls sur une île
Un avion atterri en catastrophe sur une île paradisiaque et de cet effroyable crash, ne survécurent que les enfants. Une petite trentaine de garçonnets, entre six et douze ans.
Il s’avère rapidement que l’île est déserte : les enfants sont littéralement livrés à eux-mêmes. Autrement dit, pas d’adulte pour faire la loi ni donner des ordres dans une nature luxuriante et généreuse. Qu’à cela ne tienne, il faut quand même organiser la survie, et pour cela, l’un d’entre eux, Ralph, d’un naturel habile et magnanime, est accepté comme « le chef », assisté de son meilleur ami surnommé Porcinet.
La tribu est séparée en deux groupes, les plus petits, qui jouent et font la cueillette sans s’éloigner du camp et les chasseurs, menés par Jack, chargés de rapporter du gibier et d’entretenir le feu, au cas où les secours pointeraient à l’horizon.
Mais des phénomènes étranges ne tardent pas à se produire : de jour, on percevrait des murmures et des plaintes au cœur de la forêt et de nuit, il semblerait que quelque chose rôde autour du camp. Un esprit frappeur ? Une bête monstrueuse et sanguinaire ?
Cette menace crée une vive tension au sein de la tribu. Et une mutinerie sanglante éclate au sein de la tribu, opposant Ralph et ses protégés à son rival Jack, soutenu par les autres chasseurs. Sur ce, je ne vous en dis pas plus, vous le découvrirez en lisant l’album.
Cet album m’a piquée au vif dès sa sortie pour deux raisons : je n’ai jamais lu William Golding mais c’est la réputation de Sa Majesté des mouches faisant état d’un grand classique du conte initiatique et dystopique, une référence qui a marqué son époque; et surtout je n’allais absolument pas rater cette adaptation graphique signée Aimée de Jongh, une artiste que j‘affectionne beaucoup ( j’ai lu et adoré Soixante printemps en hiver, L’obsolescence programmée des sentiments ainsi que le collectif Miséricorde ).
À travers les pages de Sa Majesté des Mouches, l’on découvre une allégorie édifiante de la raison contre la pulsion, de la civilisation et de ses codes contre la brutalité de la vie sauvage sans foi ni loi. Le récit met en lumière une micro-société qui, faute de figure d’autorité significative, vire inexorablement au chaos.
Contrairement à la tendance qui revisite les classiques autour d’une thématique forte, Sa Majesté des mouches d’Aimée de Jongh est l’adaptation fidèle du classique de 1954, au chapitrage près.
L’artiste n’a pas lésiné sur les détails, pour le meilleur et pour le pire : l’album est riche d‘éléments attendrissants d’une part et ne manque pas de scènes d’animosité, de sauvagerie et de violence d’autre part; tout et son contraire dans un écrin de végétation tantôt onirique, tantôt sordide.
Grâce à Sa Majesté des mouches d’Aimée de Jongh, nul doute que la postérité de l’œuvre de Golding est assurée encore pour un siècle.
Je recommande sans réserve cet album splendide, dans mon top 10 de l’année.
Ma note : 5/5
Le bon point : Un chef d’œuvre d’adaptation graphique de Sa Majesté des Mouches de Golding, signé Aimée de Jongh. Splendide. Hallucinant.
Le moins bon point : Contient des scènes violentes 12+.

Une bande de garçons issus de la haute société anglaise échouent sur une île déserte à la suite du crash de leur avion. Le pilote et les adultes qui les accompagnaient sont morts. Livrés à eux-même sur une île paradisiaque, les voilà bien décidés à jouir de cette toute nouvelle liberté. Une nouvelle vie sans adulte et sans règles : des vacances. Ils se nourrissent de fruits, jouent et se baignent.
Pour survivre, ils seront pourtant bien obligés de s’organiser et de reproduire les schémas sociaux inculqués. Le téméraire et gentil Ralph devient alors le chef de cette petite tribu. Mais c’est compter sans Jack qui décide de former une autre tribu, plus sauvage et violente. Chaque garçon doit choisir son camp et la guerre fait rage entre eux.
Adapté pour la première fois en bande dessinée, le chef-d’oeuvre de William Golding est ici majestueusement mis en scène par le dessin d’Aimée de Jongh.
À l’occasion des 70 ans de l’oeuvre originale, l’album connaîtra une sortie internationale et paraîtra dans une quinzaine de pays.
Source résumé & image : Lien
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Littérairement vôtre,
Aïkà

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