La matinale
Nolwenn Le Blevennec
Gallimard – 2025
L’éclairage de votre cabinet est bon. Avec ces murs très blancs, on distingue vos expressions comme dans un studio de télévision. On lit à travers vous. Là par exemple, je vois que vous avez du mal à me reconnaître. Vous vous demandez où est passée Léonore de Karadec. Où se cache la présentatrice vedette de la matinale. Sans maquillage, sans coiffure, les médicaments en plus, les records d’audience en moins, vous avez raison, je ne me ressemble plus. Je ne ressemble peut-être même plus à une personne susceptible de passer à l’antenne, à une heure de grande écoute. C’est le triste résultat de deux mois dans cette clinique et de quatre mois sans existence cathodique.
Je vois maintenant vos yeux se remplir d’autres questions, plus vastes, ce qui n’est pas rassurant : un psychiatre est supposé apporter des réponses. Moi, pour décrire ce qui m’a conduite ici, sur cette chaise métallique en face de vous, dans cet hospice de Fontainebleau, je parle de naufrage, je dis, ma personnalité a fait naufrage. Je trouve ça juste, mais j’admets que c’est aussi ésotérique, trop romantique, insuffisant. La justice demande des mots précis, répertoriés. Décompensation, burn-out, fugue, délire ? Les tribunaux comptent sur vous, moi aussi. Alors, ouvrez vos oreilles.
Pardon, j’arrête avec les ordres.
Nolwenn Le Blevennec in La matinale, Gallimard, 2025.

Quatrième de couverture
« La rupture amoureuse consiste à euphémiser le désamour, et à partir quand même. Ce soir-là, j’ai hurlé “Je t’aime pour toujours” tout en confirmant mon départ pour le lendemain. »
Une mauvaise décision peut-elle ruiner une vie ? Pourquoi Léonore de Karadec, présentatrice de la première matinale télévisée de France, est-elle à l’hôpital, et peut-être bientôt en prison ? Tout a commencé un an plus tôt, à l’été 2021, lorsqu’elle a quitté son mari pour Alexis, coprésentateur de la matinale, qui hélas n’aime que lui-même. En proie à la désillusion amoureuse, angoissée par les premiers signes de son déclin cathodique et par le monde qui court à sa perte, elle fugue sur l’île de Sein. Là, elle reprend pied. Jusqu’à ce que son ancien amant débarque…
Avec La matinale, Nolwenn Le Blevennec porte un regard aussi déjanté que corrosif sur nos âmes et l’état du monde.Source : La matinale de Nolwenn Le Blevennec | Gallimard : Lien
#Premières Lignes est le rendez-vous littéraire créé par Ma Lecturothèque et suivi par :
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Découvert en direct de la blogosphère littéraire, La Matinale de Nolwenn Le Blevennec m’a intrigué dès les premières lignes ! Je ne connais pas l’auteure, mais son style vif et son ton mordant ont tout à fait de quoi me plaire. Le récit nous plonge dans les coulisses du monde médiatique à travers un personnage à la fois acerbe et vulnérable, et c’est franchement fascinant. Entre ironie bien placée et réflexions plus profondes sur l’image et le pouvoir, cette lecture a une vraie intensité qui donne envie d’en découvrir plus. Et hop dans ma wishlist ✨
Et vous, vous l’avez déjà lu ? Est-ce que ces premières lignes vous donnent envie de lire la suite? Dites-moi en commentaires 😉
Dans tous les cas, je vous souhaite un bon dimanche!

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