Boa
Anne-Sophie Jacques
Dalva – 2025
Je me suis toujours méfiée des moments d’extase. Je sais d’expérience qu’ils sont souvent suivis d’un retour de bâton. Une montée. Une descente. C’est physique. On ne peut pas monter sans fin. Et on ne peut pas nager dans le bonheur sans qu’aussitôt, ou presque, la vie vous rappelle qu’après le haut vient le bas. J’étais à deux doigts d’oublier cette loi quand les hoquets de la voiture m’ont ramenée à la réalité. J’ai senti les heurts du moteur à travers le volant, dans mes reins, puis c’est toute la carcasse qui s’est mise à trembler, teuf teuf teuf ça cale et ça repart, allez tiens bon, teuf teuf teuf puis un bruit pathétique, une sorte de râle, un soupir malpoli, teuf teuf teuf puis plus rien. Heureusement j’étais sur une ligne droite et pas dans les virages parcourus plus tôt. J’ai agrippé le levier de vitesse, freiné du mieux possible, quatrième troisième seconde, encouragé l’auto à l’agonie, allez cocotte, tiens bon encore un peu, puis visé le bas-côté avant qu’elle ne rende l’âme. Le silence de la nuit nous a sauté dessus. La voiture n’irait pas plus loin. Et moi non plus.
Anne-Sophie Jacques in Boa, Dalva, 2025

Quatrième de couverture
Léo est ce qu’on appelle une «Volonterre», parmi les premières à s’être engagée pour travailler aux champs quand la crise climatique n’a plus permis aux populations des villes de survivre. Elle ne regrette pas son choix et, entre deux récoltes se satisfait de petits riens. Une seule chose lui manque : nager. Alors un soir, elle s’échappe pour rejoindre la rivière. La baignade interdite est un délice, mais sur le chemin du retour, elle tombe en panne. Pendant que Léo tente de surmonter la panique qui s’empare d’elle, une mystérieuse femme fait son apparition : c’est Boa, une résistante clandestine. Ensemble, elles vont traverser une nuit de tension et de révélations, apprendre à se connaître et à réparer cette voiture.
Campé dans un monde où la nature réclame ses droits et qui se réinvente, Boa est un roman profond, une réflexion mordante sur la liberté et le sens à donner à son existence.
Source image & résumé : Lien
#Premières Lignes est le rendez-vous littéraire créé par Ma Lecturothèque et suivi par :
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Ce livre m’attire comme un aimant. D’abord, il y a cette couverture intrigante, presque hypnotique, qui semble murmurer des secrets à qui sait écouter. Ensuite, le résumé m’a happée : Léo, une « Volonterre », s’est exilée dans les champs après une crise climatique. Elle vit simplement, mais une chose lui manque — nager. Une baignade interdite, une panne, une rencontre. Et tout bascule. Ce huis clos nocturne entre deux femmes, dans un monde en réinvention, promet tension, sororité, et révélations.
Ce qui me séduit profondément, c’est la promesse d’un roman à la fois engagé et poétique. Un récit qui interroge la liberté, le sens de nos choix, et la puissance des liens inattendus. J’ai l’intuition qu’il y a dans Boa une vibration féministe, une touche écologique, et une atmosphère presque cinématographique. Aux dernières nouvelles, le roman était finaliste du Prix Marie-Claire 2025.
Et vous, vous l’avez déjà lu ? Est-ce que ces premières lignes vous donnent envie de lire la suite? Dites-moi en commentaires 😉
Dans tous les cas, je vous souhaite un bon dimanche!

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