Premières lignes #51

Boa

Anne-Sophie Jacques

Dalva – 2025

Je me suis toujours méfiée des moments d’extase. Je sais d’expérience qu’ils sont souvent suivis d’un retour de bâton. Une montée. Une descente. C’est physique. On ne peut pas monter sans fin. Et on ne peut pas nager dans le bonheur sans qu’aussitôt, ou presque, la vie vous rappelle qu’après le haut vient le bas. J’étais à deux doigts d’oublier cette loi quand les hoquets de la voiture m’ont ramenée à la réalité. J’ai senti les heurts du moteur à travers le volant, dans mes reins, puis c’est toute la carcasse qui s’est mise à trembler, teuf teuf teuf ça cale et ça repart, allez tiens bon, teuf teuf teuf puis un bruit pathétique, une sorte de râle, un soupir malpoli, teuf teuf teuf puis plus rien. Heureusement j’étais sur une ligne droite et pas dans les virages parcourus plus tôt. J’ai agrippé le levier de vitesse, freiné du mieux possible, quatrième troisième seconde, encouragé l’auto à l’agonie, allez cocotte, tiens bon encore un peu, puis visé le bas-côté avant qu’elle ne rende l’âme. Le silence de la nuit nous a sauté dessus. La voiture n’irait pas plus loin. Et moi non plus.

Anne-Sophie Jacques in Boa, Dalva, 2025



Ce livre m’attire comme un aimant. D’abord, il y a cette couverture intrigante, presque hypnotique, qui semble murmurer des secrets à qui sait écouter. Ensuite, le résumé m’a happée : Léo, une « Volonterre », s’est exilée dans les champs après une crise climatique. Elle vit simplement, mais une chose lui manque — nager. Une baignade interdite, une panne, une rencontre. Et tout bascule. Ce huis clos nocturne entre deux femmes, dans un monde en réinvention, promet tension, sororité, et révélations.

Ce qui me séduit profondément, c’est la promesse d’un roman à la fois engagé et poétique. Un récit qui interroge la liberté, le sens de nos choix, et la puissance des liens inattendus. J’ai l’intuition qu’il y a dans Boa une vibration féministe, une touche écologique, et une atmosphère presque cinématographique. Aux dernières nouvelles, le roman était finaliste du Prix Marie-Claire 2025.

Et vous, vous l’avez déjà lu ? Est-ce que ces premières lignes vous donnent envie de lire la suite? Dites-moi en commentaires 😉

Dans tous les cas, je vous souhaite un bon dimanche!

4 réponses à « Premières lignes #51 »

  1. Avatar de Lilou

    Très intrigant et tentant… Je ne connaissais absolument pas. Je me le note. Merci pour ces découvertes et me faire sortir de mes zones de confort ! 🙂

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    1. Avatar de Aïkà Valisoa

      Hello Lilou 🌞 Effectivement, tout à fait le genre de trouvaille indétectable sur nos radars habituels 🔍 Merci pour ta visite ma chère 😉

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  2. Avatar de Light And Smell

    Engagé et poétique, ça m’attire aussi 🙂

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    1. Avatar de Aïkà Valisoa

      Hello Light 🌞 Tout à fait d’accord avec toi 😉

      Aimé par 1 personne

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